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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 16:42

Comprendre, c'est assembler sous l'unité d'un sens, ça nous l'avons déjà dit.
Pour assigner un sens à une chose, il faut sélectionner cette chose, l'isoler de l'ensemble.

L'ensemble est un monstre que nous ne pouvons penser correctement. 



La perception, par exemple, est amalgamante : tout se mêle dans les informations que nous recevons, elles sont "brutes", se mélangent, se complexifient. Je regarde par ma fenêtre : le vois la lumière, le vent, les feuilles... A travers ces données, je connais l'heure de la journée, l'intensité du rayonnement solaire, le sens dans lequel souffle le vent, son effet régulateur sur la température, je perçois la saison à laquelle nous sommes. Mais également le temps qu'il fera dans les heures qui viennent, le nombres d'années dans lesquelles il faudra intervenir pour rénover les bâtiments... Rajoutons à ces seuls éléments visuels les informations perçues par l'ouïe ou par la peau : en un simple coup d'oeil de quelques secondes, ce sont plusieurs centaines d'informations qui m'ont été communiquées, plus ou moins consciemment.

Penser l'ensemble par "petits morceaux", en le simplifiant, est beaucoup plus réalisable. Descartes nous l'apprenait : pour surmonter une difficulté, il faut commencer par la décomposer. "[...]de diviser chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre". (Discours de la méthode).

Là où la question "Avez-vous vécu une enfance heureuse" ne pourra pas être pensée facilement, la décomposition de l'enfance en phases chronologiques et l'analyse objective de chacune de ces phases pourra permettre d'obtenir une réponse plus élaborée, plus juste, qu'une réponse directe.

Une fois que nous avons sélectionné ce qui nous importe d'examiner, il faut retirer tout ce qui y est subjectif, sensible, en un mot tout ce qui risque de nous parasiter lors de la réflexion. Le résultat s'appelle une abstraction : une chose isolée qui n'est pas déformée par les sens. C'est un bout de la réalité auquel nous aboutissons par une démarche strictement intellectuelle.

Ainsi, une décision qui apparaîtra comme bonne dans un contexte donné se révélera catastrophique une fois analysée abstraitement :
quel intérêt à exposer ses hommes en les faisant pourchasser une poignée de fuyards ? Pourquoi retarder une échéance qui ne peut qu'intervenir ? Pourquoi se maintenir dans une situation qui ne génère que des effets négatifs à moyen terme ?

L'abstraction, de par la simplification qu'elle introduit, permet de réappréhender logiquement un ensemble, ce qui est plus difficile à réaliser quand on perçoit les faits dans leur complexité, dans leur globalité.


A réfléchir également : l'abstraction permet de passer d'une logique d'évènements (un fait, une chose, un sentiment) à une logique de relations (une cause, une conséquence, un résultat). L'abstraction permet d'articuler les évènements entre eux, leur donnant ainsi un relief là où leur simple perception les réduit à une énumération ou une description.

Publié par comprendre - dans Philosophie
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commentaires

rosalia 04/07/2015 21:34

Votre façon de définir l abstraction est en ligne direct de celle de Descartes que vous citez d ailleurs: par simplification. Avez-vous eu l occasion de lire les écrits de Edmund Husserl qui lui propose une approche complètement différente ( car moi non ) ?

rosalia 01/07/2015 18:05

A lire et relire.Merci.

comprendre 03/07/2015 19:26

Merci !

Fille du Midi 22/06/2010 21:33



Je promène dans les archives de vos pages et je trouve que vous avez des articles très intéressants...



comprendre 22/06/2010 21:42



Merci de votre promenade alors :) Les écrits ont évolué avec le temps. Je suis claqué ce soir (puisque nous nous croisons sur mon blog), mais je passerai vous lire dans les jours à venir !



jean-louis 14/03/2009 19:31

Eh bien dans ce cas (tout étant constitué de ces particules) c'est bien nous qui inventons ces entités.  

comprendre 17/03/2009 20:20


C'est dit ! :) Merci de tes commentaires Jean-Louis


jean-louis 12/03/2009 16:43

C'est la grande question, la querelle entre les nominalistes (Cyniques, G. D'Occam, Hume, Locke) - qu'on devrait plutôt appeler réalistes - et les réalistes (Platon etc) - qu'on devrait plutôt appeler des nominalistes. C'est la question du statut des catégories utilisées pour la connaissance : réelles pour Platon, non-réelles pour les nominalistes. (Les mots, par exemple, qu'on emploie)Je suis, perso, à fond pour la position nominaliste. Même ultra-nominaliste.  Rien de réel, d'irréductible en quelque sorte, si ce n'est notre conscience.Pour faire le lien avec la science : vous savez de quoi est constituée n'importe quelle matière ...     

comprendre 14/03/2009 10:28


Démocrite ? De particules infimes. ;)