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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 13:09

 

Dans le langage courant, on utilise parfois l'expression "Franchir le Rubicon" pour signifier qu'une action dépasse une certaine limite, engageant son auteur dans une voie souvent audacieuse mais irrévocable.

 

Illustration : En installant des missiles nucléaires à un saut de puces des côtes américaines, l'URSS a franchi le Rubicon. Dans le contexte de la guerre froide entre l'URSS et les États Unis, l'installation d'armes de destruction massives à Cuba, sous le nez des Américains, et dans le plus grand secret, conduisait nécessairement les Russes à engager un bras de fer diplomatique et militaire aux résultats incertains et potentiellement catastrophiques. Dans cet exemple, le Rubicon pourrait symboliser la ligne imaginaire qui séparait les relations tendues et l'escalade militaire.

 

César franchit le Rubicon - Gravure de F. ARMBRUSTER

César Franchit le Rubicon - Gravure de F. Armbruster (XIXe siècle)

 

Historiquement, c'est Jules César qui franchit le Rubicon en 49 avant Jésus-Christ : le Sénat romain avait formellement défendu aux généraux de pénétrer sur le territoire de Rome accompagnés de leurs armées. Or, le Rubicon était le fleuve qui marquait la limite sud de la province administrée par César, la Gaule Cisalpine (le nord de l'Italie moderne), avec l'Italie Romaine. En pénétrant avec la XIIIe légion sur le territoire romain, Jules César déclarait la guerre à la République romaine.

 

Mais, après le coucher du soleil, il fit atteler à un chariot les mulets d'une boulangerie voisine et, suivi de fort peu de monde, il prit les chemins les plus détournés. Les flambeaux s'éteignirent ; il se trompa de route et erra longtemps au hasard. Enfin, au point du jour, ayant trouvé un guide, il suivit à pied des sentiers étroits jusqu'au Rubicon, limite de sa province, et où l'attendaient ses cohortes. Il s'y arrêta quelques instants, et, réfléchissant aux conséquences de son entreprise : "Il est encore temps de retourner sur nos pas, dit-il à ceux qui l'entouraient. une fois ce petit pont franchi, c'est le fer qui décidera tout."  

Suétone - Vie de César - Vie des douze Césars

 

 

 

Publié par comprendre - dans Vocabulaire
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commentaires

D&D 22/08/2010 02:47



Je connaissais l'expression, et son origine, pour une fois, c'est encore assez populaire, je crois... Et là, je me demande s'il y a une différence avec le "point de non-retour"...



comprendre 27/08/2010 20:04



Il me semble que le point de non retour c'est quelque chose dans une théorie d'Einstein. Il suffit de demander à google mais là j'ai la flemme. Pour la nuance, je pense que le point de non retour
est plutôt lié à une limite (physique pour César, c'est le Rubicon) tandis que l'expresion implique plutôt une action. L'équivalent serait éventuellement "franchir le point de non retour". Et là
moi je pense à Star Trek, mais je ne sais pas pourquoi, sûrement un vieux souvenir d'enfance relatif à un épisode.



Cratès 28/07/2010 22:09



Ah, je croyais que mon commentaire ne s'était pas affiché. Je vais rebondir sur ton article de César !


Avé  !



comprendre 05/08/2010 21:59



Voilà qui m'aura donné l'occasion de re-répondre, cette fois plus complètement ;) Avé !



Cratès 28/07/2010 15:04



La chance sourit aux audacieux et aux fins statèges comme César. tan de réussite pour finir sur les marches du sénat !!! l'histoire est pleine de surprises !



comprendre 05/08/2010 21:58



L'histoire dit qu'il a hésité à franchir ce point de non retour, sachant qu'il n'y aurait rien d'autre ensuite que le combat. J'ai relu "l'art de la guerre" ce week-end, et Sun Tzu dit justement
que la guerre n'est pas une solution qui doit être choisie à la légère (outre la dimension stratégique de l'engagement qui est, ensuite, le fond de son propos) : la guerre s'envisage comme un
évènement funeste et ne devrait être décidée qu'à des fins de survie. Les conséquences ne peuvent être que désastreuses pour les terres, pour les populations civiles, pour la tranquillité des
dieux et des esprits. Le choix de César a aussi été un choix stratégique, une décision qui fut la première d'une longue chaîne de décisions martiales. D'où, il me semble, l'importance de l'acte,
en lui-même, du franchissement du Rubicon : il a choisi la guerre avec tout son cortège d'incertitude et de responsabilités.



Cratès 27/07/2010 11:22



La chance sourit aux audacieux... et au fin stratège !


La prochaine fois que je passe à Arles, faudra que je visite la musée antique où se trouve la seule statue faite de son vivant !


Merci comprendre






comprendre 27/07/2010 19:07



Oh la jolie Patatine :) J'avais publié un article lorsque le buste avait été découvert dans
le Rhône, il parait que le musée est très bien (Cf. les commentaires de l'article). Merci de ton passage !



Fille du Midi 25/07/2010 15:27



Très bonne idée de remonter à la source de proverbes et expressions que l'on utilise souvent sans savoir exactement à quoi elles correspondent...



comprendre 25/07/2010 20:42



Et si on ne les utilise pas, voilà une bonne occasion de les découvrir pleinement ;) J'en mettrai une supplémentaire cette semaine, elle aussi avec une référence historique. Merci de ta visite !