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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 15:49

 

Les oeufs, le fromage, le vin, les légumes, les fruits... Il semblerait que près de 3 français sur 4 se passent de la grande distribution et achètent leurs produits directement chez un producteur.

 

Arcimboldo - l'étéGiuseppe Arcimboldo - L'été

 

Mais un producteur, c'est quoi ?

 

Le producteur, c'est un professionnel ou un semi-professionnel qui introduit dans le circuit de la consommation un bien qu'il produit ou qu'il contribue à produire. C'est donc le vigneron qui va proposer son vin, c'est le volailler qui va élever de la volaille (poules, dindes, canards...) et proposer leur viande ou les produits de leur élevage (oeufs), c'est le maraîcher qui va proposer ses légumes etc.

 

L'achat direct chez le producteur, quels avantages ?

 

L'activité principale d'un producteur c'est la "production" du bien, c'est-à-dire la mise à disposition de ce bien dans le circuit de consommation. L'activité de vente, ainsi que les activités préparatoires à la vente (logistique, transport...), se sont développée en complément de l'activité de production.

 

C'est ainsi qu'est apparu le distributeur, un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Le distributeur achemine le produit de son lieu de production jusqu'à son lieu de vente. En France, pour ce qui est de la grande consommation (fruits, légumes, produits frais), le rôle de distributeur est majoritairement assuré par des (super)centrales d'achat dont l'objectif est d'acheter des produits puis de les mettre à la disposition de leurs membres (notamment des moyennes et grandes surfaces).

 

Cet intermédiaire présente deux inconvénients majeurs. Premièrement, l'objectif de la (super)centrale d'achat est d'obtenir le plus de produits possible avec un coût d'achat minimal. De ce fait, les producteurs, et principalement les grands producteurs, doivent se plier aux offres d'achat des (super)centrales s'ils veulent que leurs produits soient achetés. C'est ce que l'on appelle "tirer le prix vers le bas", le poids économique des (super)centrales d'achat leur permet d'obtenir que les producteurs réduisent au maximum leurs prix de vente en réduisant leurs marges et en réduisant leurs coûts de production. La conséquence immédiate de cette situation : des producteurs qui s'appauvrissent (Cf. les producteurs de lait) et des produits pour lesquels les coûts de production n'ont plus droit de citer (cultures hors sols, élevage en batterie, engrais...). Deuxièmement, cet intermédiaire présente un coût supplémentaire dans la chaîne commerciale, coût qui est bien sûr répercuté sur le prix de vente du produit. Le prix d'achat au producteur et deux fois, trois fois voire quatre fois moins élevé que le prix de vente au consommateur : on parle d'un coefficient multiplicateur qui s'applique pour chaque passage du produit entre les mains d'un intermédiaire. Si l'on considère précisément les deux inconvénients, à savoir tirer les coûts de production vers le bas et augmenter les coûts intermédiaires, on obtient un produit de qualité médiocre mais revendu au prix du marché. (donc pas "plus bas"). Au prix du marché ? Oui, car la marge des intermédiaires, et notamment du vendeur, se sont finalement substituées à celle du producteur.

 

L'achat direct aux producteurs, que ce soit à la ferme, dans les ventes collectives, sur le bord des routes ou sur les marchés, permet au consommateur d'acquérir "en direct" un produit, sans intermédiaire, et donc sans surcoûts. De mon expérience, les prix sont moins élevés, ou identiques, aux prix pratiqués dans la grande distribution, mais la qualité, la diversité et la fraîcheur sont bien meilleures. Côté producteur, l'achat direct permet de maintenir une marge correcte, pour ne pas dire juste, et contribue au maintien de l'activité.

 

Pour connaître les points de rencontre consommateur / producteur : marches-producteurs.com


Publié par comprendre - dans Divers
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commentaires

Cratès 08/11/2010 17:09



Oui, je me suis mal exprimé et tu as justement rectifié mes propos. Dans la notion de luxe c'est, comme tu le demontre justement, quelque chose de rare, et dans ce cas, cette démarche devrait
être normale pour l'achat de notre nourriture, dont on sait l'importance dans notre capital santé.


 


 



comprendre 10/11/2010 21:59



Alors je partage ton point de vue ;) Il faut sortir un peu des sentiers battus pour trouver quelques belles et bonnes choses. Je referai un article bientôt sur un thème proche.



D&D 07/11/2010 14:26



Done ;-)



comprendre 07/11/2010 15:13



Thx my good Sir.



D&D 07/11/2010 02:06



E verdade.


Mais j'ai un super marché (en deux mots !) à côté de chez moi, je vais quand même pas les abandonner. C'est bien, les marchés (vaste notion qui recouvre tout et n'importe quoi, j'en suis
conscient).



comprendre 07/11/2010 09:56



Et puis nous sommes tellement sexy armés de nos cabas à roulettes, poireaux au vent, chaudement emmitouflés dans nos doudounes. Bon dimanche, Messieurs de la capitale ! PS : pensez à vous abonner
à la newsletter de ce blog ;)



D&D 05/11/2010 21:05



Super, ce lien !


Va peut-être pas me servir tout de suite, tout de suite, mais je le garde ;-)


Bon week-end, M. comprendre !



comprendre 06/11/2010 17:02



Il ne faut pas repousser à plus tard, c'est simple et très positif :)



Cratès 02/11/2010 15:45



De plus, cela a l'avantage de découvrir  des variétés délaissées par les grandes surfaces, et donc par beaucoup de personnes qui, s'y fournissant exclusivement, ne les connaissent plus. Ne
pas hésiter à questionner les habitants d'un village, pendant les congés par exemple, pour avoir de bonnes adresses où faire ses emplettes de bouche !
L'accueil est souvent pleines de surprises et les producteurs sont toujours ravis d'instruire les visiteurs sur les modes d'elevage, de production. Voir les ruches d'où est issu le miel que l'on
va manger, ses légumes sur pied, et comme tu le dis, à des tarifs décent pour le producteur et avantageux pour l'acheteur, pour des produits de qualité, c'est un vrai luxe !    



comprendre 06/11/2010 17:00



Une petite chose me dérange dans ton commentaire, c'est que tu qualifies de "luxe" le fait de voir des produits en culture, où de voir leurs sites de production, d'assurer une transaction juste
et d'avoir un produit de qualité. Le luxe, dans sa définition, c'est le futile, l'accessoire, le dérisoire. J'imagine bien que ce n'est pas ce que tu as voulu dire, je crois comprendre que tu
voulais dire que c'est un avantage qui n'est pas courant. Mais finalement ce risque de mauvaise interprétation me permet de remettre une chose à plat : on nous fait croire, marketing aidant, que
notre mode "commun" de consommation est parfaitement naturel et que les autres modes sont "bobo-isants", un peu rétros, écolos sur le retour, alors qu'ils sont tout simplement normaux alors même
que c'est la consommation de masse, elle qui est injuste et immorale, qui n'est pas "normale" (enfin, pas comme elle l'est actuellement). Je commence à trouver aberrantes des choses que j'ai
pourtant pratiquées sans m'interroger pendant des dizaines d'années, comme acheter mes oeufs (dans leurs boîtes !) ou mes fruits au supermarché. C'est justement en laissant croire aux
consommateurs que la facilité c'est Carrefour, le luxe c'est le marché du dimanche, que l'on a réussi à jeter des millions de gens dans les pattes de la grande distribution avec toutes les tares
que tu évoques et celles que j'avais mentionnées dans l'article. Donc, en conclusion, non ce n'est pas du luxe, c'est même plutôt l'inverse ;)