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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 21:10


Rendez donc à César ce qui est à César
et à Dieu ce qui est à Dieu.
(Matthieu, XXII, 21)


"Il faut rendre à César ce qui appartient à César" est une expression courante pour signifier qu'il faut savoir attribuer le mérite d'une chose à son seul auteur.

Néanmoins, on oublie deux choses au sujet de cette expression. La première, c'est qu'elle est directement tirée du nouveau testament et que son auteur n'est autre que Jésus Christ. La seconde, et non des moindres, est que la phrase complète signifie... tout autre chose ;) Voyez plutôt.

Contexte : Jésus a commencé à rependre son message en Palestine et attire l'attention sur lui. Les Pharisiens, qui voient en Jésus un agitateur, décident de lui tendre un piège. Ils se présentent à lui et lui demandent s'ils doivent payer le tribut demandé par la Romains (un impôt d'occupation).

Jésus comprend que c'est un piège qu'on lui tend là : s'il répond que l'on ne doit pas payer le tribut aux Romains, il sera immédiatement dénoncé comme agitateur (les terroristes de l'époque ) aux autorités et sera probablement condamné comme tel. A l'inverse, s'il répond qu'il faut payer le tribut aux Romains, il perdra de sa magnificence, le fils de Dieu étant lui aussi obligé de se soumettre aux lois de l'occupant.

Jesus et le pharisien pièce César
Jésus prend l'initiative de répondre aux Pharisiens et leur demande de lui présenter une pièce de monnaie (voir illustration). Une fois la pièce en main, il demande à qui appartient le portrait frappé sur la pièce. C'est celui de César, l'empereur romain. Et Jésus de répondre : "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu".

Dans sa réponse, Jésus sépare le monde des hommes du monde de Dieu. Il convient de payer le tribut romain puisque les lois prévoient que ce tribut doit être versé. Néanmoins, il revient aux hommes de connaître leurs débiteurs : s'ils relèvent de l'administration temporelle d'un pouvoir politique, il n'en reste pas moins qu'ils relèvent également d'une administration spirituelle, celle de Dieu. Ces deux pouvoirs sont coexistants et doivent être respectés individuellement.

L'idée de séparation du temporel et du spirituel perdure dans l'histoire occidentale, au cours de laquelle par exemple le pouvoir temporel (Roi) cohabitait avec le pouvoir spirituel (Église). Désormais, l'incarnation de la dualité est plus subtile, mais on en trouve trace, par exemple, dans le principe de laïcité qui édicte que l'Etat est indépendant des religions pratiquées sur son territoire et ne saurait s'adapter à elles ou en influencer l'exercice.

Texte initialement publié le 18 octobre 2007 sur mon précédent blog.


Publié par comprendre - dans Vocabulaire
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commentaires

rosalia 25/06/2015 05:16

Bonjour comprendre, je cherchais pour mon blog "débutant" la signification de l expression rendons a César ce qui est a César. Surprise: la réponse se trouvait sur un autre over-blog...le votre: admiration, quant à moi: déception, que de marches à gravir encore pour atteindre votre niveau( si j en suis capable... ). Je vous invite donc a venir faire une promenade dans mon jardin pour savoir si vous seriez désireux que je mette pour la première fois sur mon blog un lien dans ma colonne de droite vers votre blog.Et si ce n est pas le cas, j aurai au mois eu l occasion de vous découvrir.Merci d avance, Rosalia.

comprendre 28/06/2015 12:15

Bonjour Rosalia, et merci pour votre visite. N'hésitez pas à m'intégrer dans vos liens si vous estimez qu'il y a une complémentarité dans les lectures et démarches. Je viens vous lire, j'ai ouvert la page d'accueil à cet instant, c'est esthétiquement très agréable !

Fille du Midi 03/07/2010 13:17



Merci pour le rappel et l'histoire de ces expressions...



comprendre 03/07/2010 13:19



Comment fais-tu pour systématiquement passer sur mon blog quand j'y suis moi-même, c'est fou ;)



D&D 11/04/2010 02:33



J'adore ta réponse. Je tenais tout de même à te le dire. Et tu as raison : "L'Art de la guerre", il faudra que je m'y colle !


Et au fait, bonnes vacances ;-)



comprendre 11/04/2010 10:34



Merci pour les vacances, je vois une batterie de films en retard, je ne t'en parle même pas ;)


J'ai retrouvé la minette qui ne m'a pas suivi en décembre, voilà peut être la 3e de la famille à quatre pattes.


Pour l'art de la guerre, je l'ai acheté récemment, marre de lire des versions PDF tchetchene traduites au fond d'une cave.


A bien vite (rha, s'y remettre, nom d'un chien !)



D&D 31/03/2010 13:04



Bien, bien...


Mais on s'adresse à qui quand c'est le marasme à la fois côté temporel et spirituel ?


Si tu as la réponse, ça pourra m'être utile :-)))


(Enfin si c'est pas Jésus et Sarko et à la fois, tout oxymorique que cela puisse sembler... Euh... Pas sûr que ça existe, ça, oxymorique...)



comprendre 03/04/2010 15:24



Je pense que tu peux t'adresser à toi, compter sur tes compétences et ta volonté pour surmonter les obstacles. Et n'oublie pas qu'il faut y aller par paliers, avancer pas après pas, décomposer la
difficulté et ne pas essayer de tout gérer d'un coup.


By the way, je suis sûr que tu gagnerais à lire "l'art de la guerre", pour ton travail. (On se croirait dans "Wall street", rires).


Pour sarko, ne remets pas publiquement en cause son origine divine, tu pourrais le regretter (un matin, à 6 plombes, avec dix policiers venus te sortir du lit pour une sombre histoire d'abus de
biens sociaux ou d'évasion fiscale). En plus, franchement, tu craches dans la soupe alors que bénéficies à plein du bouclier fiscal... tout ceci n'est pas très sérieux ;)



Cornus 23/02/2010 21:22


J'ignorais l'origine de cette expression et donc sa signification exacte.