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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 21:16

 

Entre deux guerres internes, la chaîne d'information France 24 propose des reportages intéressants.

 

Celui-ci a été réalisé au premier trimestre 2010 sur le site de Babylone. Rien d'extraordinaire dans les propos, mais il permet de voir le palais de Saddam Hussein, les ruines des bâtiments, le lion de Babylone ou encore les murailles reconstruites sous le raïs.

 


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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 07:00
kitty-rave
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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 07:00

 

Le prêche d'Urbain II à Clermont"A tous ceux qui y partiront et qui mourront en route, que ce soit sur terre ou sur mer, ou qui perdront la vie en combattant les païens, la rémission de leurs péchés leur sera accordée. Qu'ils aillent donc au combat contre les infidèles. Qu'ils soient désormais les chevaliers du Christ."
 Extrait du prêche prononcé par le Pape Urbain II


Il y a un peu plus de 900 ans,  le 27 novembre 1095, à l'occasion du concile de Clermont, le pape Urbain II encouragea les Francs de toute condition à prendre les armes contre les infidèles musulmans qui occupaient alors la ville sainte de Jérusalem.

Cette exhortation fut une vraie surprise, Urbain II n'avait pas annoncé qu'un tel prêche serait prononcé publiquement, à proximité de l'église Notre-Dame-du-Port de Clermont, lors de ce concile.

 

Preche Urbain II première croisade

Les motivations de cet appel à la guerre sainte sont multiples : en secourant les frères chrétiens d'Antioche et de Jérusalem, le Pape Urbain II entend renforcer l'unité de la Papauté, divisée quelques années auparavant par un schisme (séparation) religieux. 

 

Par ailleurs, les convictions personnelles d'Urbain II devaient le pousser à focaliser les attitudes querelleuses des seigneurs vers un ennemi commun plutôt que de les laisser se faire la guerre entre eux. 

 

Enfin, au sortir de l'obscurantisme du Haut Moyen Âge, la pression démographique se faisait sentir en Europe : la première croisade est également une guerre de conquête, tout autant qu'une action préventive contre les Turcs Ottomans installés aux portes de l'Europe. 

 

" Deus Lo Volt " 

 

"Dieu le veut" est la réponse, hurlée par la foule, laïque comme religieuse, qui assiste au prêche d'Urbain II. Les talents d'orateur et l'argumentaire du Pape ont provoqué une véritable ferveur populaire. Au milieu des cris enthousiastes, Urbain II leva la tête, rendit gloire au ciel, et dit : "Lorsqu'ils se lanceront à l'assaut contre les infidèles, c'est ce cri de guerre que les chevaliers chrétiens devront pousser d'une seule voix". (Robert le Moine)

Ce même cri sera poussé le 15 juillet 1099 lorsque les croisés engageront l'assaut de Jérusalem.

 

chevalier croisade croisé
Le message d'Urbain II sera renouvelé dans plusieurs villes européennes, par lui-même ou par d'autres ecclésiastiques (dont Pierre l'Ermite). Une ferveur populaire répondit à l'appel et la "croisade des chevaliers" attendue par le Pape sera en réalité précédée par une "croisade des pauvres gens", à laquelle participèrent, notamment, des femmes et des enfants.

 

croisade 

"Tous les lâches resteront, qui n'aiment
Ni Dieu ni le bien ni l'honneur ni la gloire.
Chacun dit : "Que fera ma femme ?
Je ne quitterai à aucun prix mes amis."
Ceux-là croupissent dans une coupable attente,
Car il n'est d'ami, certainement, que de celui
Qui pour nous fut mis sur la vraie croix."
 

Thibaud IV le Chansonnier
Extrait d'une chanson de croisade
(pour illustration car postérieure au XIe siècle)

 

Publié par comprendre - dans Histoire
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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 07:00

 

Nous en avons parlé ici : une nouvelle espèce humaine ?

 

Les scientifiques ont avancé dans leurs travaux et ils sembleraient bien (publication dans Nature en décembre 2010) que les Dénisoviens ("Denisovans" en anglais) correspondent à une espèce différente de celles des néandertaliens et des homo sapiens.

 

Sortis d'Afrique, les Néandertaliens auraient donné naissance à une branche distincte, celle des Dénisoviens, qui aurait migré vers les terres asiatiques. Actuellement, on retrouve trace de l'ADN des Dénisoviens dans les populations du Nord/Nord-Est de l'Australie (les Papous de Nouvelle Guinée par exemple qui partagent entre 4% et 6% du patrimoine génétique découvert dans la grotte sibérienne).

 

Comme néandertal, cette espèce doit avoir été supplantée par homo sapiens dans des conditions qui restent encore à établir précisément (assimilation, extinction...).

 

 

Pour en savoir plus :

- Fossil genome reveals ancestral link, Nature news, 22 décembre 2010

- L'Homme de Denisova et Néandertal, un ancêtre commun ?, hominidés.com

 

 

Publié par comprendre - dans Histoire
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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 07:00

 

Le site archéologique de Babylone a connu plusieurs vagues de dégradations :

 

L'héritage patrimonial de Saddam Hussein - Souhaitant faire de l'antique capitale un lieu de prestige pour son pays (et pour son ego), Saddam Hussein, le raïs irakien, engage, entre 1978 et 1987, un vaste programme de restauration du site archéologique. Le résultat, toujours visible, est que le coeur de la cité a été recréé selon un schéma "hollywoodien" bien contestable : construction de remparts crénelés à partir de certaines murailles, reconstructions de bâtiments disparus, la porte d'Ishtar est dupliquée (puisque l'originale a été transportée à Berlin), création de quatre collines artificielles en terre dans l'optique d'implanter un funiculaire touristique et, cerise sur le gâteau, construction d'un palais (en béton) que je vous ai déjà signalé puisqu'il est visible sur les photos satellites. La première guerre du golfe aura contraint l'abandon du projet, décidé en 1989, de construire une tour de Babel toute neuve. Ce méli-mélo d'ancien et de moderne, en plus de son aspect esthétique critiquable, introduit des problèmes scientifiques et techniques pour les fouilles archéologiques car les couches historiques ont été brouillées, ce qui rendra difficile la datation de découvertes futures.

 

La guerre du golfe : pillage - Bien plus que la guerre elle-même ou que l'occupation militaire qui s'en est suivie, le pillage est une véritable plaie qui s'est abattue sur l'Irak. Je ne dispose pas de documentation spécifique à Babylone, mais je suppose que les fouilles et excavations sauvages n'ont pas dû lui être épargné.

 

La guerre du golfe : occupation militaire - Le site n'a pas subi de dommages directs du fait de la guerre (bombardements...). Entre avril 2003 et décembre 2004, 150 hectares, et non des moindres puisqu'il s'agit du coeur même de la cité antique, ont été transformés en une base militaire américaine, le "Camp alpha". Puis, jusqu'en 2005, ce sont des troupes polonaises qui ont pris le relais. Dans son premier rapport de visite, daté du 15 janvier 2005, le British Museum écrit que l'implantation d'un camp militaire dans l'un des plus importants sites archéologiques du monde revient à implanter un camp militaire à proximité de la pyramide de Khéops en Egypte ou à proximité de Stonhenge en Angleterre. Voyez cette situation absurde où un héliport a été construit à 500 mètres à peine de la porte d'Ishtar, où des bulldozers ont nivelé le sol, créé des tranchées, bouleversant les couches historiques et endommageant du matériel archéologique. En 2009, le deuxième rapport du British Museum, cette fois-ci réalisé sous l'égide du l'UNESCO, dresse le bilan de l'occupation : tranchées, percements au milieu des ruines, dont quatoze dans les remparts, création de puits, sculptures âbimées, voie processionnelle endommagée par le passages des chars et des poids lourds, fissures visibles sur certains bâtiments dont le temple d'Ishtar, effondrement du toit des temples de Ninmah et Nabu-sha-Khare ou encore dégradation progressive de bâtiments à cause de l'humidité (cheminement des eaux souterraines salées). Et le temps lui-même érode les briques de terre cuite qui s'effritent lentement, faute d'entretien.

Localisation du camp alpha

Localisation du camp alpha  - extrait du rapport 2005 du British Museum (voir ci-après)

 

Mur du temple d'Ishtar

tranchée anti-tank

Temple d'Ishtar (gauche) - Tranchée anti-tank (droite)

Documents photographiques de la mission d'expertise 2009 (voir ci-après)

 

voie processionnelle

Dégats sur la voie processionnelle

Extrait d'un reportage vidéo diffusé sur le site du New-york Times (voir ci-après)

 

Mais dans un pays où l'urgence est la protection des populations civiles, dont les minorités chrétiennes, la question du partimoine historique implique un rôle actif de la communauté internationale. Le world monuments found contribue, depuis 2009, à préserver les sites majeurs de l'Irak. A Babylone, le fonds contribue à la création de scans digitaux des monuments et va engager des travaux pour renforcer et protéger de l'eau souterraine les fondations de la porte d'Ishtar.

 

Les défis sont multiples sur ce site historique : consolider les structures en péril, réparer les dommages créés par l'occupation militaire et prévenir la survenance de nouvelles dégradations. A moyen terme, se posera également la question du "démantèlement" des créations modernes réalisées sous le règne de Saddam Hussein, étape indispensable pour permettre à l'UNESCO de classer Babylone au patrimoine mondial de l'humanité. Enfin, la mise en valeur touristique de ce site devra s'analyser au regard de sa préservation : un musée va ouvrir ce mois-ci, donnant ainsi le feu vert pour un retour de la fréquentation internationale.

 

 

Pour en savoir plus :

- Report on meeting at Babylon 11 - 13 December 2004, J.E. Curtis, Department of the Middle East, British Museum

- Inspection of Babylon on behalf of UNESCO 25th 29th February 2009, J.E. Curtis, Department of the Middle East, British Museum

- Historia n°758, février 2010, entretiens avec Vincent Hueux et Tamar Teneishvili (p.42 et 43)

- L'Histoire n°301, mai 2005, "Les grands travaux des archéologues" par Jean-Louis Huot

- "A Tour of Iraq’s Ancient Sites" (en), article publié le 2 janvier 2011 sur le site du New-York Times

- "A Triage to Save the Ruins of Babylon" (en), article publié le 2 janvier 2011 sur le site du New-York Times

 

Publié par comprendre - dans Babylone
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