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Paul Veyne - Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?

22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 10:00


Et si nous compilions une liste des livres que nous estimons incontournables dans une bibliothèque ?


Partons du principe que nous limiterons notre liste à des livres accessibles à tous.


Allez, je pose la première pierre :


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candide

 

Voltaire - Candide ou l'optimiste



Parce qu'il faut bien commencer avec un roman initiatique pour éveiller la conscience des jeunes lecteurs.



"L'humanité tout entière serait-elle donc foncièrement mauvaise ? Candide s'étonne, s'offusque, se lamente... et peu à peu se résigne. La verve et l'ironie voltairiennes font merveille : voici un conte à la fois grave et cocasse, qui soulève avec légèreté des questions philosophiques fondamentales. "

 


 

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Le petit prince 

 

 

 Antoine de Saint-Exupéry - Le petit prince

 

 

 

Un peu de poésie, sur proposition de Loup Blanc.

 

 


  " - Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. "

 

 

 

 

 

 

 

 

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Herbert - Dune

 

   Frank Herbert - Dune

 

 

 

 

Une pièce majeure de la science fiction, sur proposition de cybione.

 

 

 

 

" Tenter de comprendre Muad'Dib sans comprendre ses ennemis mortels, les Harkonnens, c'est tenter de voir la Vérité sans connaître le Mensonge. C'est tenter de voir la Lumière sans connaître les Ténèbres. Cela ne peut être. "

 

 

 

 

 

 

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Suivant ?

20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 03:00

 

Question bête : quelle est l'origine du nom "eau de javel" ?

 

L'hypochlorite de sodium, initialement de potassium, que l'on utilise pour l'entretien ménager sous le nom d'eau de javel, a été mise au point à la fin du XVIIIe siècle par Charles Louis Berthollet, un français naturalisé en 1778, qui a découvert les propriétés blanchissantes de la solution.

 

Cette solution a été produite de manière industrielle à la manufacture pour les Acides & Sels Minéraux, fondée en 1777 par le Duc d'Artois (frère de Louis XVI, et qui devint Charles X en 1825), à partir de 1884 (ou 1886). La manufacture avait été implantée "près du moulin de Javelle", moulin qui finalement donna son nom au lieu-dit Javel. La solution blanchissante, produite à Javel, prendra le nom d'eau... de Javel !

 

Les bords de Seine à Javel(le)

Les bords de Seine à Javel(le) - Source : fonds numérique de la BNF

 

Javel était situé "à une petite lieue de Paris, du côté de la plaine de Grenelle" ("Le moulin de Javel", comédie en un acte, citée par Charles Barthélémy dans "La Bourgeoisie et le paysan sur le théâtre au XVIIe siècle. La comédie de Dancourt, 1685-1714, étude historique et anecdotique", 1882, lien ci-après), petit port et garage à bateaux, bac de passage, témoin du travail des lavandières (qui lavent le linge dans la Seine). Comme nous l'avons dit, ce lieu-dit doit son nom à un moulin à vent qui portait le nom de "moulin de Javel". Situé sur une île, le moulin n'a été rattaché à la terre ferme qu'au XVIIIe siècle, au débouché de l'actuelle rue Leblanc dans le 15e arrondissement de Paris. 

 

L'origine du nom "Javel" est improbable : il apparaît cependant que la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont possédait au XIIe siècle des prés "de ces côtés-là [...] dans un canton appelé Javet". Ce nom de Javet a peut être progressivement était corrompu en Javel(lle) ? Plusieurs actes domaniaux semblent confirmer l'hypothèse puisqu'ils attestent l'existence d'un lieu dit "Javetz" (à rapprocher de Javet, précédemment cité) jusqu'au milieu du XVIIe siècle. La première mention du moulin "de Javel" apparaît en 1658, mais je confirme bien que le moulin existe depuis bien plus longtemps (sans qu'il n'ait, d'ailleurs, forcément eu de nom auparavant).

 

Le port de Javelle au milieu du XIXe

Le port de Javelle au milieu du XIXe

Source : anonyme, image reproduite depuis un forum relatif aux usines Citroën

 

Le quartier du moulin de Javelle (orthographe initiale) jouit d'une tradition galante, pour ne pas dire libertine, au minimum depuis le XVIIe siècle : les rencontres nocturnes, discrètes, souvent extra-conjugales, des hommes et femmes du monde se font à Javelle. "Le moulin de Javel était devenu célèbre par les circonstances de l'enlèvement d'une jeune mariée : soixante mousquetaires masqués avaient eu l'audace d'attaquer les gens de la noce, d'arracher une jeune femme à son mari et de la jeter dans une chaise de poste. Par bonheur ou par malheur pour la mariée, des ouvriers et des pêcheurs vinrent au secours d'une vierge, et lui rendirent son bouquet de fleurs d'orangers, après avoir bâtonné les mousquetaires." Louis Lurine,  "Histoire secrète de la police ancienne et moderne", tome II, 1847.

 

Une guinguette s'installe dans son immédiat voisinage. Elle devient rapidement célèbre et fréquentée. On s'y encanaille, on y boit du vin de Suresnes à 3 sols la pinte et y mange des matelotes. La guinguette disparaît peu à peu et cesse d'exister peu avant l'implantation de la manufacture fondée par le Duc d'Artois. 

 

le moulin de javelle en 1780

Le moulin de Javel en 1780 (ce qui est illogique puisque le moulin est supposé disparu aux alentours de 1771)

Source : anonyme, image reproduite depuis un forum sur les usines Citroën

 

On signalera qu'une pièce en un acte a été écrite en 1696 et jouée au Théâtre Français sous le nom de "Le moulin de Javel" (texte disponible dans les fonds numériques de la bibliothèque nationale de France).

 

On perd trace du moulin aux alentours de 1771. Depuis rattaché à la ville de Paris, au XVe arrondissement plus précisément, le quartier de Javel a connu une forte expansion industrielle puisqu'après avoir hébergé la manufacture qui produisait l'eau de javel, contribué aux essais aéronautiques du Comte d'Artois, le quartier a accueilli les usines Citroën (sur le quai de Javel, actuel quai André Citroën).

 

Le Conseil du XVe arrondissement de Paris, par une délibération du 02 juin 2003, a dénommé "Place du moulin de Javel" une petite place située dans le quartier où se dressait encore, il y a 250 ans, ce moulin à vent devenu indirectement célèbre.

 

Vue aérienne de la place du moulin de Javel, XVe arrondissement de Paris

Vue aérienne de la place du moulin de Javel, XVe arrondissement de Paris

Source : capture d'écran depuis mappy.fr

 


MAJ - Une question dans les commentaires :


Existe-t-il un rapport entre le moulin de javelle et les javelles des paysans ? (merci cybione)


Merci de cette très pertinente question qui, en fait, rejoint un point précis de l'histoire de Javel / Javelle que j'ai préféré laisser de côté (par choix). Comme l'indique l'article, le lieu-dit s'est appelé Javet et /ou Javetz jusqu'au XVIIe siècle. Il s'est écrit que l'origine de ce nom serait gabalos, nom gaulois signifiant "prise par poignées". Javel pourrait ainsi être un dérivé de gabalos (ou de gabella en latin), du fait que l'on récoltait "par poignées" des plantes (roseaux ?) sur cette rive fertile de la Seine. Javel serait, dans cette approche, le dérivé d'un nom toponymique désignant ce lieu. Evidemment, pas de confirmation matérielle de l'hypothèse, les témoignages gaulois sont assez rares ;) Et pour boucler avec ton interrogation, les javelles paysannes sont évidemment, elles, pour le coup, directement liées à la poignée gauloise. Donc peut être que Javel et les javelles ont la même origine étymologique, mais ça, je crains que nous puissions jamais le confirmer.


Pour en savoir plus :

 

Histoire de l'eau de javel

 

Délibération du Conseil du VXe arrondissement, 02 juin 2003, (*.pdf) "Attribution de la dénomination « place du Moulin de Javel » à la place provisoirement dénommée CL/15 située dans le xvème arrondissement"

 

Michel Périn : "Le moulin, la guinguette et la manufacture de Javel", article publié dans le bulletin n°21 de la Société historique et archéologique du XVe arrondissement de Paris, printemps 2003.



Publié par comprendre - dans Histoire
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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 22:06


Allons-y avec joie : parlons de Lady Gaga.


Qu'est-ce que nous en savons ? Pas grand chose pour ma part, si ce n'est l'excellent délire observé dans un épisode (très sympa) de South Park.


Pour le grand public, un (ou plus ?) album très commercial et apprécié.


On pourrait en conclure que c'est une chanteuse très tendance et destinée à être oubliée rapidement ? Sûrement... mais quand même, finalement, là, je vois une très belle artiste :



Alors, encore une fois, attention aux  apparences et à ne pas trop vite vouloir hurler avec les loups.


Publié par comprendre - dans Musique
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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:32


"Mourir pour la patrie, quitter une famille, des enfants, une épouse chérie, seroient plus supportables si je ne voyais pas au bout de la liberté perdue et tout ce qui appartient aux sincères républicains, enveloppé dans la plus horrible proscription. [...] Les méchants sont les plus forts, je leur cède."


Texte d'adieu écrit par Gracchus Babeuf à l'attention de sa femme et de ses enfants


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Le 26 mai 1797, la Haute Cour de Justice de la République française condamne à la peine de mort Gracchus Babeuf, révolutionnaire égalitariste considéré comme le premier communiste moderne. Babeuf était jugé pour son implication dans un complot visant à renverser le directoire, instaurer l'égalité entre tous les citoyens et organiser une communautarisation des biens privés.



Jugement condamnation à mort de Gracchus Babeuf

Jugement de la Haute Cour de Justice - 7 prairial de l'an V de la République française

"Condamne Gracchus Babeuf et Augustin-Alexandre Darthé à la peine de mort"


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Le premier fait notable de cette histoire est que la Haute Cour de Justice, juridiction d'exception, se soit retrouvée à siéger pendant un peu plus de deux mois à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, à une centaine de kilomètres de Paris. Retour en arrière...


Les meneurs du complot cité ci-dessus, appelé "conjuration des égaux", sont arrêtés le 10 mai 1796. Parmi eux se trouve Jean-Baptiste Drouet, conseiller des Cinq-Cents : la Constitution de l'an II prévoit qu'un procès contre un membre du corps législatif doit se tenir devant la Haute Cour de Justice. Et nous voilà partis pour un procès d'exception. Notons au passage que ledit Drouet est l'homme qui a permis l'arrestation de Louis XVI lors de sa fuite à Varennes, et, accessoirement, que ce Drouet réussira à s'évader assez facilement avant le transfert des prisonniers à Vendôme.


Même si je n'en ai pas retrouvé de sources historiques précises, il semblerait que la délocalisation de la Cour de Justice ait été motivée par les risques de troubles populaires dans la capitale où les thèses égalitaires de Babeuf trouvaient un certain écho. Exemple : "Le 26 mai 1796, les anciens Panthéonistes et Montagnards tentèrent de les (prisonniers) libérer en soulevant le peuple" (source : Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme : d'après de nombreux documents inédits. T. 1 / par Victor Advielle). Aussi, la commune de Vendôme, loin de l'influence parisienne et disposant d'une administration locale favorable au directoire, est désignée pour accueillir ce procès.


 Portrait de Gracchus Babeuf

Portrait de Gracchus Babeuf

 

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Les débats, devant la Haute Cour de Justice, sont féroces : Babeuf se défend avec éloquence, parfois jusqu'à l'épuisement. Les accusés nient le complot dont on les accuse, ce que reconnaîtra d'ailleurs le jury de la Haute Cour. Cependant, coupable d'avoir voulu le rétablissement de la Constitution de 1793, acte puni de mort depuis la loi du 25 germinal de l'an IV, Babeuf, ainsi que Darthé, un autre co-accusé, est condamné à mort.


Il est relaté, souvent, que Babeuf et Darthé auraient alors tenté de se suicider en se poignardant la poitrine avec, selon les sources, un stylet, ou un poignard, ou un fil d'archal aiguisé sur le pavé ou encore le ressort d'une montre ! Il semblerait que les récits de l'époque rapportent cette tentative de suicide, qu'elle ait eu lieu au moment de l'énoncé du verdict ou au retour en cellule, mais je ne suis pas convaincu que le fait soit historique. Buonarotti, co-accusé, racontera plus tard ce fait, mais là encore une manipulation "politique" de la fin de Babeuf n'est pas à exclure.


Une chose est certaine c'est que le lendemain du verdict, soit le 27 mai 1797, à 5 heures du matin, Babeuf et Darthé étaient guillotinés à Vendôme, sur la place d'armes, devenue aujourd'hui la place de la République. C'est la seule et unique fois ou la guillotine révolutionnaire aura été dressée à Vendôme.


Les corps des condamnés ont probablement été exposés au public (notamment devant la femme de Babeuf venue le soutenir à l'occasion du procès) et les historiens s'entendent sur le fait que les corps furent ensuite inhumés dans le cimetière principal de la ville (cimetière du Grand Faubourg). Ce cimetière n'existe plus aujourd'hui.


François Topino-Lebrun - la Mort de Caïus Gracchus

François Topino-Lebrun - la Mort de Caïus Gracchus

Fin du XVIIIe siècle (1797-1798)

Musée des Beaux-arts de Marseille (France) ; numéro d'inventaire : 482


A la suite de ce procès, impressionné par le sort de Babeuf, le peintre François Topino-Lebrun réalise la toile "la Mort de Caïus Gracchus", ci-dessus, qui, bien que trouvant sa matière dans l'histoire antique, est une allusion directe à la tentative de suicide (rapportée) de Babeuf.

 

 

Publié par comprendre - dans Histoire
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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 11:28


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Publié par comprendre - dans Insolite
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