Déco...

Recherche

Lecture en cours

 

Lectures 2017

Paul Veyne - Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?

12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 21:10


Rendez donc à César ce qui est à César
et à Dieu ce qui est à Dieu.
(Matthieu, XXII, 21)


"Il faut rendre à César ce qui appartient à César" est une expression courante pour signifier qu'il faut savoir attribuer le mérite d'une chose à son seul auteur.

Néanmoins, on oublie deux choses au sujet de cette expression. La première, c'est qu'elle est directement tirée du nouveau testament et que son auteur n'est autre que Jésus Christ. La seconde, et non des moindres, est que la phrase complète signifie... tout autre chose ;) Voyez plutôt.

Contexte : Jésus a commencé à rependre son message en Palestine et attire l'attention sur lui. Les Pharisiens, qui voient en Jésus un agitateur, décident de lui tendre un piège. Ils se présentent à lui et lui demandent s'ils doivent payer le tribut demandé par la Romains (un impôt d'occupation).

Jésus comprend que c'est un piège qu'on lui tend là : s'il répond que l'on ne doit pas payer le tribut aux Romains, il sera immédiatement dénoncé comme agitateur (les terroristes de l'époque ) aux autorités et sera probablement condamné comme tel. A l'inverse, s'il répond qu'il faut payer le tribut aux Romains, il perdra de sa magnificence, le fils de Dieu étant lui aussi obligé de se soumettre aux lois de l'occupant.

Jesus et le pharisien pièce César
Jésus prend l'initiative de répondre aux Pharisiens et leur demande de lui présenter une pièce de monnaie (voir illustration). Une fois la pièce en main, il demande à qui appartient le portrait frappé sur la pièce. C'est celui de César, l'empereur romain. Et Jésus de répondre : "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu".

Dans sa réponse, Jésus sépare le monde des hommes du monde de Dieu. Il convient de payer le tribut romain puisque les lois prévoient que ce tribut doit être versé. Néanmoins, il revient aux hommes de connaître leurs débiteurs : s'ils relèvent de l'administration temporelle d'un pouvoir politique, il n'en reste pas moins qu'ils relèvent également d'une administration spirituelle, celle de Dieu. Ces deux pouvoirs sont coexistants et doivent être respectés individuellement.

L'idée de séparation du temporel et du spirituel perdure dans l'histoire occidentale, au cours de laquelle par exemple le pouvoir temporel (Roi) cohabitait avec le pouvoir spirituel (Église). Désormais, l'incarnation de la dualité est plus subtile, mais on en trouve trace, par exemple, dans le principe de laïcité qui édicte que l'Etat est indépendant des religions pratiquées sur son territoire et ne saurait s'adapter à elles ou en influencer l'exercice.

Texte initialement publié le 18 octobre 2007 sur mon précédent blog.


Publié par comprendre - dans Vocabulaire
commenter cet article
6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 09:58

On vient de parler d'amputation, pourquoi ne pas continuer ? J'en avais entendu parler en écoutant "La tête au carré" du 26 janvier 2010, voilà qu'on commence à en savoir un peu plus : l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) a découvert les traces de la plus ancienne amputation certaine connue à ce jour.

A Buthiers-Boulancourt, dans l'Ouest de la Seine-et-Marne et à la frontière avec le Loiret, l'INRAP est intervenu pour fouiller un ancien site néolithique (9 000 av. J.-C. - 3 300 av. J.-C.). Dans une des tombes découvertes, voir photographie ci-dessous, les archéologues ont découvert le corps d'un homme âgé inhumé avec des éléments d'offrandes (un cadavre d'animal, un pic de silex et une lame de hache).

Amputation Néolithique

Un élément est notable : le squelette découvert ne possède pas d'avant-bras gauche. Les archéologues pensent assez vite à une amputation car, d'une part, la tombe est intacte et cette "disparition" doit donc être antérieure à l'inhumation et, d'autre part, l'extrémité distale de l'humérus gauche présente une section très nette qui semble être d'origine traumatique.

Des examens radiographiques, puis microtomographiques, complétés par une reconstruction 3D de l'os ont permis de savoir plus précisément ce qui est arrivé à cet homme lorsqu'il était encore en vie : son avant-bras a été partiellement arraché par un acte traumatique (accident, coup de hache... ça, on ne le saura probablement jamais). Puis, une découpe volontaire a été pratiquée pour sectionner la partie osseuse encore en place. La reconstitution 3D révèle d'ailleurs quelques détails de l'intervention (bras en extension, rupture de l'os sur les derniers millimètres).

détail de l'humérus amputé

Cette intervention chirurgicale, qui a été réalisée il y a 7 000 ans, a été réussie puisque l'homme n'est pas mort immédiatement après l'amputation. L'os présente en effet des traces de cicatrisation.

On ne peut qu'imaginer la prouesse médicale qui consiste à sectionner un os avec un lame en silex et dans des conditions de stérilité pas franchement propices. On se souviendra également que la population vivant sur ce site n'était composée que d'une poignée de familles agro-pastorales, et pas d'un regroupement de chirurgiens réputés dans toute l'Europe ;)


On peut se demander si ces hommes n'avaient pas déjà expérimenté cette intervention chirurgicale sur leurs animaux d'élevage avant de la transposer dans de bonnes conditions à un patient humain. A titre personnel, je doute que cette réussite ne provienne que d'un acte chirurgical d'urgence très chanceux, ne serait-ce que parce ce que  les méthodes pour stopper une hémorragie ou pour assurer une complète asepsie pendant et après l'intervention sont des techniques médicales complexes qui ne sont pas innées. D'où cette interrogation sur une mise en pratique préalable...


Plus d'informations :

Site internet de l'INRAP

Publication scientifique
(en anglais)
Archéologie, à l'aube de la chirurgie
(Le Monde, sous la plume de Pierre le Hir)


Crédits photographiques :

INRAP


Publié par comprendre - dans Histoire
commenter cet article
30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 10:00

Un article publié sur Le Monde.fr qui nous donne quelques informations sur la médecine de guerre pratiquée, peut être de manière un peu précipitée, sur les blessés haïtiens.

A Port-au-Prince, des amputations par milliers...
sous la plume de Annick Cojean, 30 janvier 2010

Extrait : Sophie Grosclaude, une jeune chirurgienne orthopédiste française, engagée dans la Chaîne de l'Espoir, opère à la clinique Lambert, à Pétionville, dans la banlieue de Port-au-Prince. Elle non plus ne mâche pas ses mots. Elle revient "effarée" d'une discussion avec un chirurgien américain rencontré à l'hôpital israélien, qui pliait bagages. "Je lui racontais que pour réparer les fractures, je faisais exactement comme en France, en posant des clous et des fixateurs externes dont on dispose désormais en grand nombre." Et alors ? "Il trouvait ça fou ! Il me disait: “A quoi bon ? Ce pays est trop pauvre. Il n'y aura pas de suivi médical sérieux de vos patients. C'est tellement plus simple de les amputer. C'est propre, définitif…”"

Je crois que la question de fond, celle de la pratique d'une médecine de guerre ou d'une médecine à l'occidentale, se pose assez justement, même si l'article semble en douter.

Publié par comprendre - dans Actualités
commenter cet article
23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 09:30

Ce soir, à 20h40, ARTE propose une nouvelle diffusion du reportage "Les secrets du Parthénon" dont je vous ai parlé le 04 octobre 2008.

Pour mémoire :

Arte revient sur l'histoire du Parthénon et démontre le chef d'oeuvre artistique et technologique que constituait cet édifice lors de sa construction il y a près de 2 500 ans.

Mise-à-jour : Un reportage de 80 minutes qui est dense en informations historiques et architecturales. Le titre se justifie, les secrets expliqués dans le reportage sont consistants. Par exemple, l'édifice n'est pas droit, les colonnes non plus, et ceci par choix des Athéniens. Le tout semble "droit" par des effets d'optique. On apprend aussi dans le reportage que les assemblages se gèrent parfois à des dixièmes de millimètres près. Mais le plus surprenant est que tout ceci a été construit en 8 ou 9 ans, un temps inouï compte tenu de la complexité architecturale et artistique du bâtiment. Le "plus" du reportage est d'expliquer comment la construction a pu être aussi rapide. C'était très instructif, pour ma part je n'ai pas l'impression d'avoir perdu mon temps.

La critique de télérama

Liens associés :
Le Parthénon sur wikipedia
L'Acropole sur insecula.com

Découvrir :
Le sculpteur grec Phidias
Les cariatides sont des statues de femmes servant de colonnes ou de supports (fontaines, plateaux...).

Et un lien signalé à l'époque en commentaire (merci !) :
Les secrets du Parthénon par auzette

Publié par comprendre - dans Histoire
commenter cet article
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 06:56

Patrick Devedjian domine le monde et le prouveLa relance passe par le blog de comprendre
(Crédits photos - énorme les mecs ! - : Le Monde)


Une mise à jour du bloc "livres" (à gauche) pour vous prouver que je suis toujours vivant ;)

Journées bien occupées, le net a du mal à trouver sa place.

Mais je republierai bientôt.

Mise à jour : une photographie sexy m'amenait pas mal de visiteurs (une bande de pervers !). J'ai décidé de mettre tout ce petit monde à la porte et de supprimer la photo de ce blog. Retour au petit nombre de visites, quotidiennes, mais retour, également, à une bonne conscience.
Publié par comprendre - dans Divers
commenter cet article