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Paul Veyne - Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?

15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 13:52

 

15082014

15 août 2014

 

Et nous voici rendus au 15 août, l'occasion de coucher sur le papier les quelques lectures planifiées dans les mois à venir et de faire un petit bilan de l'année écoulée tous secteurs confondus.

 

L'année à venir demeurera une année de littérature française (Môssieur !), classique au demeurant :

 

Louis-Ferdinand CELINE - Mort à crédit /// mon côté antisémite
Gustave FLAUBERT - L'éducation sentimentale /// mon côté fleur bleue
Victor HUGO - Les travailleurs de la mer /// mon côté pirate
Honoré DE BALZAC - Mémoires de deux jeunes mariées /// mon côté postier

 

Avec un peu de lectures historiques dont :

 

Stefan ZWEIG - Fouché  /// en attendant la bio à venir par Waresquiel
Francois-Henri DESERABLE - Tu montreras ma tete au peuple /// pour voir

 

Et puis forcément tout un tas de choses autour. Pourquoi pas sur la base de vos suggestions ?

 

Une année écoulée peu significative sur le plan de la lecture, si ce n'est la grande surprise d'avoir lu le Goncourt 2014 avant sa célébration (probabilité pourtant proche de zéro vu que je ne consomme presque pas d'ouvrages modernes) et la satisfaction d'avoir épuisé(e) cette Emma Bovary que je croisais trop régulièrement.

 

Une année très intéressante sur le plan musical, notamment sur l'approfondissement de la culture "rock classique". Et une belle surprise avec le live at Phily de DIO.

 

Last in line / Children of the sea / Holy diver / Last in line

 

Et une année de changements pour le reste.

 

A l'année prochaine !

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 14:30

C'est fait, la grotte (de) Chauvet est inscrite depuis aujourd'hui au patrimoine de l'UNESCO.

 

 

C'est d'autant plus satisfaisant que cela fera 20 ans en décembre que la grotte a été découverte, un bel anniversaire en somme.

 

Souvez-vous, nous en avons parlé sur ce blog :

13/05/2009 - La grotte de Chauvet

05/01/2011 - Fac-similé de la grotte de Chauvet

22/01/2012 - Patrimoine UNESCO - La grotte de Chauvet proposé

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 13:48

Au début j'ai cru que c'était une blague mais en fait non :

 

Foot au palais de l'ElyseeMatch de foot à l'Elysée - Crédits photo : IAN LANGSDON/AFP

 

Y'avait vraiment pas de salle plus adaptée que celle-là pour mater la télé ? Et à grignoter, y'avait de la pizza au foie gras et des pommes de terre soufflées relevées de sel de Guérande ?


Une vilaine image du pouvoir envoyée à la population française, dans la droite ligne de Laurent Fabius dans les années 80' qui posait pour un journal de gamines avec son walkman et son jean bleu (avec son pli au milieu !) ou d'Edouard Balladur annonçant sa candidature à la présidence 1995 dans son bureau débordant d'ors.

 

Je pense qu'à un moment donné il faudrait leur expliquer qu'à force de jouer avec la démocratie, et accessoirement de nous prendre pour des jambons, il pourrait se passer des trucs dans notre pays.


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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 16:10

Façade principale du palais Garnier, ParisFaçade principale du palais Garnier, Paris - Source : Google street (photo 2012)

 

Localisation de la sculpture

Localisation de la sculpture "La Danse" de Jean-Baptiste Carpeaux - Source : Google street (photo 2012)

 

La Danse chez Insecula

La Dance - Source

La sculpture La Danse appartient à un groupe de quatre sculptures présentes sur la façade principale du palais Garnier à Paris : la Danse, la Musique instrumentale, le Drame lyrique, l’Harmonie.

 

Sa révélation au public, le 27 juillet 1869, provoqua une réaction outrée : comment un groupe de bacchantes, nues, engagées dans une danse déséquilibrée, le tout constituant une sculpture non symétrique et encore moins verticale, pouvait-il représenter la Danse ?

 

La presse relaye l'émoi des Parisiens quant à cette oeuvre jugée immorale et l'on évoque la possibilité de retirer l'oeuvre de Carpeaux pour y substituer une autre, moins scandaleuse que ces figures féminines qui sentent le vice et puent le vin ("Le Groupe de la Danse de M. Carpeaux jugé au point de vue de la morale, ou Essai sur la façade du nouvel Opéra" par M. C. A. de Salelles).

 

A la fin du mois d'août 1869, un encrier est jeté contre la sculpture, attentat nocturne et anonyme dans un contexte polémique. (Voir la sculpture tâchée)

 

J'ai choisi d'illustrer la polémique en utilisant un texte, rédigé par le directeur de l'hebdomadaire "Le monde illustré", car il reprend quelques éléments de la critique, évoque le climat scandaleux, tout en apportant des arguments en faveur de Carpeaux.

 

Extrait de l’hebdomadaire « Le monde illustré » n° 645 du 21 août 1869

 

Nous sommes en France et à l'Opéra, nous sommes au dix-neuvième siècle et sous un ciel tempéré, et nous voulons représenter la danse vive et légère, qui charme les yeux par sa grâce ; c'est cette figure douce et languissante qui effleure les lacs et se pose sur la feuille de nénuphar dans Giselle, ou devient mutine et gaillarde dans le costume de la Vivandière. Le plaisir violent et fort dont vous parlez a son caractère, son type; il a inspiré des chefs-d'œuvre ; il correspond à un rythme, mais ce n'est pas le nôtre. C'est la passion violente qui déborde dans cette danse-là, mais nous voulons de la grâce et de la noblesse. Le rictus de vos danseuses antiques et de vos rudes danseurs se crispe, l'œil s'injecte de sang, les cheveux se hérissent ; mais nous, nous n'allons qu'à la légère émotion du plaisir. Nous sommes la grâce et vous êtes la force.

Eh bien, si vous voulez de la grâce, spécialement de la grâce, n'en demandez pas à Carpeaux, et ne lui commandez pas le groupe de la danse ; — ce n'est pas qu'il en ignore le secret, le grand artiste — voyez plutôt le fameux groupe du pavillon de Flore, la Nymphe écartant les roseaux. — Mais sa qualité génitale, sa note dominante, c'est la force, et quelle que soit l'œuvre, je suis sûr, sans l'avoir vue, qu'il a fait de la force.

Si l'œuvre est bonne en soi, prise indépendamment du mouvement, changez tout à fait vos arguments et dites : — La nouvelle œuvre de M. Carpeaux représente les Saturnales, et nous lui avions demandé le Menuet. — Comme saturnales, l'œuvre est de premier ordre ; comme Menuet, le groupe est encore à faire.

Mais pas du tout, on critique à tort et à travers, jusque dans les journaux, où pas un de ceux qui tiennent la plume n'a le droit de parler d'art, n'ayant pas voué sa vie à l'étude des choses artistiques.

On est allé jusqu'à l'insulte, et j'ai lu à ce sujet des réflexions d'une irrévérence inouïe. Puis, comme toujours, la réaction est venue.

On parlait d'abord d'enlever le groupe de la façade, ce que, personnellement, je regarderais comme une suprême inconvenance, parce que M. Carpeaux est un homme considérable, et qu'on n'insulte pas un homme de cette valeur ; on le couronne ou, s'il s'est trompé, il en a le droit et on le subit avec ses défaillances. — Mais maintenant, c'est bien de cela qu'il s'agit : on propose de laisser au contraire le groupe de la Danse, et d'enlever tous les autres comme froids et trop académiques. Autre excès, autre blessure pour des hommes du talent de Perraud, de Jouffroy, de Guillaume.

La vérité vraie, tous les artistes la savent, c'est que Carpeaux tue un monument ; il a en lui une force, un relief, une puissance qui se combinent mal, en ces temps d'architecture plate, avec l'ensemble de la conception. — Je n'ai jamais entendu l'architecte du Louvre parler du beau bas-relief de la nymphe du pavillon de Flore; mais je suis sûr que M. Lefuel, tout en admirant Carpeaux, trouve que ce bas-relief-là joue un trop grand rôle dans l'ensemble et qu'on ne voit que lui. Et, de fait, débouchez de la rue du Bac, en tête du pont des Tuileries, et regardez le pavillon du Prince Impérial, vous ne voyez que Carpeaux, et tout disparaît ; et il n'occupe cependant que quatre mètres carrés sur une superficie énorme de façade.

Cela dit, et on me pardonnera de m'échauffer sur un sujet d'art, c'est peut-être à un autre qu'il fallait demander la Danse « qui se souvient de Versailles. » Quant à Carpeaux, l'architecte Garnier, qui, malgré les jugements divers qu'on porte sur lui, est un grand artiste, aurait pu lui dire de faire reposer quelque portail colossal sur le dos robuste de ses fières cariatides.

Maintenant, encore qu'on parle bien à tort et à travers des choses de l'art en France, levons les yeux au Ciel et remercions-le d'être né dans un pays où un groupe de la Danse, placé à l'entrée de la porte d'un Opéra, peut soulever les polémiques que vient de soulever l'œuvre de M. Carpeaux. C'est encore un espoir. Un peu moins d'irrévérence nous siérait mieux ; mais l'irrévérence est une opinion en matière d'art, comme le sommeil en matière d'audition d'une tragédie en cinq actes.

Charles Yriarte

 

Le scandale fut trop fort et les pouvoirs publics demandèrent que l'on retire cette sculpture du groupe au motif de l'indéscence. Une nouvelle commande est passée auprès de Charles Gumery après le refus de Carpeaux d'exécuter une seconde composition. Cependant, la guerre de 1870 éclata et le sujet n'en fut plus un.

 

En 1964, à cause de la pollution qui la menace, la sculpture originale est retirée de la façade du palais Garnier. C'est une copie réalisée par Paul Belmondo (le père de Jean-Paul, l'acteur) qui est désormais visible. La sculpture originale (La Danse, Jean-Baptiste Carpeaux, groupe en pierre d'Echaillon, H. 420 cm ; L. 298 cm ; P. 145 cm ; 18,2 tonnes) est visible au musée d'Orsay à Paris, allée centrale des sculptures (numéro d'inventaire RF 2884).


Publié par comprendre - dans Histoire
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 13:11

Quand j'ai eu perdu ma pauvre défunte, j'allais dans les champs pour être tout seul ; je tombais au pied d'un arbre, je pleurais, j'appelais le bon Dieu, je lui disais des sottises ; j'aurais voulu être comme les taupes, que je voyais aux branches, qui avaient des vers leur grouillant dans le ventre, crevé, enfin. Et quand je pensais que d'autres, à ce moment-là, étaient avec leurs bonnes petites femmes à les tenir embrassées contre eux, je tapais de grands coups par terre avec mon bâton ; j'étais quasiment fou, que je ne mangeais plus ; l'idée d'aller seulement au café me dégoûtait, vous ne croiriez pas. Eh bien, tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette ; ça s'en est allé, c'est parti, c'est descendu, je veux dire, car il vous reste toujours quelque chose au fond, comme qui dirait... un poids, là, sur la poitrine ! Mais, puisque c'est notre sort à tous, on ne doit pas non plus se laisser dépérir, et, parce que d'autres sont morts, vouloir mourir... Il faut vous secouer, monsieur Bovary ; ça se passera ! Venez nous voir ; ma fille pense à vous de temps à autre, savez-vous bien, et elle dit comme ça que vous l'oubliez. Voilà le printemps bientôt ; nous vous ferons tirer un lapin dans la garenne, pour vous dissiper un peu.

 

Gustave FLAUBERT, Madame Bovary (1856), première partie, III


Jean-Louis FORAIN - Le veuf

Jean-Louis FORAIN, Le veuf, huile sur toile, musée d'Orsay (INV 20053)

 

Duran Duran - Perfect Day (3'50)

 

 

 

 

 

 

De belles paroles prononcées par le père d'Emma ROUAULT à l'attention de Charles BOVARY, son futur gendre. Toutefois, ces paroles de réconfort et cette invitation à se ressaisir ont une visée stratégique, celle de rapprocher le médecin de la demoiselle, et font peser un sérieux doute sur l'empathie réelle de cet homme. Paradoxe néanmoins puisque le père ROUAULT était effectivement amoureux de sa femme, conserve une nostalgie de sa vie conjugale, ce qui laisse supposer qu'il livre une histoire véridique, ouvrant son âme au médecin en relatant sa douleur passée, mais avec pour seul but de le manipuler. Une attention très intéressée en somme.

 

Une métaphore du temps qui passe et contribue au deuil, à retenir, probablement : [...] tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette [...]

Publié par comprendre - dans Livres
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