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30 octobre 2008 4 30 /10 /octobre /2008 16:39
Jeudi 30 octobre 2008

On va faire simple :

Il n'y aura pas de 3/3 sur le thème de la peur.
Il n'y aura pas non plus de nouvel article dans les semaines et peut être les mois à venir.

Le blog de comprendre est mis entre parenthèses.

Très prochainement, un article de dialogue avec mon ami D&D sur le thème de notre défi lecture.

La suite, on verra.

A plus !

comprendre

Publié par comprendre - dans Divers
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 12:09

La peur produit des effets sur le corps humain : elle a un effet physiologique.

Dans la situation de tension qui a été générée par la peur, le cerveau commande la production d'une molécule qui porte le nom d'adrénaline. Le rôle de l'adrénaline est de porter un message, véhiculé par le sang, à certains organes du corps. Ce rôle de "messager" est désigné sous le nom d'hormone.

L'adrénaline produit des effets sur le coeur : accélération du rythme cardiaque, renforcement de la contraction. S'en suit donc une augmentation de la pression artérielle (le sang circule plus vite et plus fort dans l'organisme). L'effet est une sur-alimentation des muscles en oxygène.

Les poumons se dilatent pour permettre l'augmentation du taux d'oxygène dans le sang : la respiration s'accélère.

Le système sudoral (la sueur) s'enclenche et produit de la sueur pour abaisser la température du corps.

D'autres effets, moindres, sont générés : dilatation des pupilles, mobilisation des graisses, développement de l'acuité cérébrale.

Comme vous le voyez, les effets cliniques engendrés indirectement par la peur sont nombreux. Mais surtout, ces effets sont automatiques et involontaires ! L'instinct prend le pas sur le conscient dans une situation de peur. On dit que c'est un mécanisme "inné", qui est inscrit dans nos gènes.




A l'origine, ce mécanisme "de protection" a pour objet de permettre au corps de produire un effort important pour faire face au danger qui a généré la peur. En se plaçant en situation d'effort intense, le corps facilite la fuite (course). Notons à ce propos que nous sommes donc "programmés" pour fuir le danger, pas pour l'affronter. Ah, ces Grecs avec leurs mythes héroïques ! Des hommes capables de prendre le pas sur leurs peurs primales et de devenir des sur-hommes ou héros.

Mais ce mécanisme physiologique "de protection" est bien souvent inutile de nos jours : le risque de se faire attaquer par un "dents de sabre" ou d'être la proie du meute de loups est plutôt réduit. Le danger existe toujours, au détour d'un carrefour automobile ou d'une agression physique par exemple, mais le mécanisme de protection a tendance à se déclencher y compris pour des situations banales, ressenties comme un danger potentiel du fait du stress qu'elles génèrent : prise de parole en public, entretien professionnel, déclaration amoureuse... L'appréhension des conséquences déclenchent la peur et tout ce qui va avec.

Il semblerait qu'il soit possible de "canaliser sa peur" par l'analyse rationnelle des faits pour limiter, voire annuler, le sentiment de peur qui leur sont associés. La mise en situation est un élément qui contribue à rationaliser l'approche d'une situation (caresse donc l'araignée, elle ne va pas te manger...). C'est également le cas pour les peurs lourdes, dénommées phobies (peurs extrêmes et incontrôlées pour schématiser). Les malades (car la phobie est une maladie) doivent prendre conscience de l'inadéquation entre ce qui (réel) est et ce qui perçu (ressenti) de manière à accepter que ce dont ils ont peur n'est pas un danger (c'est très simplifié car un travail psychanalytique parallèle est mené pour démonter le mécanisme mental qui a construit la phobie).

Publié par comprendre - dans Philosophie
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25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 11:40

Souvenons-nous qu'une passion (pathos) est subie par le corps.


La peur est une passion : l'étymologie même du nom renvoie à une forme de passivité, pavorem, qui signifie "être frappé".

La peur est liée à un contexte, qu'il s'agisse de l'environnement direct ou d'une simple idée.

La peur est principalement une émotion génératrice : elle est le point de départ de la production de nombreuses substances chimiques dans notre corps et d'idées dans notre esprit. Ce sont ces effets produits par la peur qui forment ce sentiment désagréable, de malaise, que nous qualifions improprement de "peur".

En soi, la peur est plutôt une réaction positive : elle génère la prudence ou l'attention face à une situation potentiellement dangereuse, elle permet au corps de se mettre en condition de fuir très vite (adrénaline, mobilisation des graisses...). En un mot, la peur est un processus de protection de notre intégrité et un mécanisme de prévention face à un risque potentiel.

Publié par comprendre - dans Philosophie
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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 20:41

Pour démarrer ce joli week-end, pas de tartine sur l'herméneutique ou sur la mort dans la démarche philosophique.

Non, un petit moment naturel, tout en douceur :


Publié par comprendre - dans Divers
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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 18:44
Trouvez le frein, stoppez le train ! (1)


Millenium Actress est un film d'animation qui sort du commun, je vous le recommande chaudement !

Je sais que mon ami D&D nous dira "avec 4 000 votes et une moyenne de  7.9 sur l'imdb, évidemment que c'est un chef d'oeuvre" mais je crois qu'il faut dépasser les apparences. Examinons tout cela, voulez-vous ?

J'éviterai de vous parler du superbe "Perfect Blue" que Satoshi Kon avait déjà réalisé il y a quelques années (d'autant plus que depuis il a commis le très décevant "Paprika").

L'histoire est simple : il s'agit de l'interview d'une actrice célèbre du cinéma japonais, désormais agée de 80 ans et vivant retirée du monde ("les livres et son jardin sont ses amis"). Cette interview nous fait voyager à travers la vie de cette actrice, à travers l'histoire du Japon, et à travers l'histoire du cinéma japonais. Oui oui, tout ça à la fois, et ce n'est même pas indigeste !

Qu'est ce qui frappe immédiatement lors du visionnage de cet animé ? La qualité des dessins. Ils sont chargés de détails, mais restent très simples et agréables à l'oeil. Au bout de 25 minutes de visionnage ,j'ai compris que je regardais un chef d'oeuvre. C'est imbécile comme réflexion, n'est-ce pas ? Mais face à une oeuvre de cette qualité, on ne fait que la reconnaître, le doute est très vite dissipé.


Deuxième couche de plaisir, fort pour moi, le film survole l'histoire du Japon ! Bonheur de trouver des références à la période des guerres civiles, à l'époque Meiji, au Japon sous les bombes américaines, à la Mandchourie, à la période de reconstruction. Tout cela est distillé très simplement, on est dans "un film" qui retrace la carrière d'une actrice, il ne s'agit pas d'une fresque historique.


La "légereté" de ce film d'animation vient du fait que le spectateur est très vite "jeté" dans une succession d'univers cinématographiques/historiques, sans avoir été informé de ce qui allait se passer. Les personnages secondaires nous accompagnent et passent d'un film à l'autre avec une certaine malice ou une admiration nostalgique. J'ai apprécié le jeu induit par les transitions, leur qualité. J'ai aimé le commentaire sur le fait qu'un costume utilisé dans la scène ne correspond plus à l'époque dans laquelle on se situe.


On va vite, on traverse les époques ainsi que la vie de cette actrice, poursuivant sans relâche un mystérieux inconnu dont elle est amoureuse. Mais qu'est donc cette actrice qui transcende les âges ? L'incarnation d'un personnage intemporel, héroïne pleine de sagesse en quête de bonheur ? Par certains côtés, j'ai eu l'impression de relire la trame du mythe du champion éternel de Michaël Moorcock (un champion, un compagnon, un amour).

Et puis la musique ! Pas de dissonance, les thèmes sont classiques. C'est agréable d'être aussi bien accompagné : de la bonne musique, des images soignées, une histoire intelligente, un fond nostalgique s'appuyant sur une double dimension historique (le Japon et le cinéma).

Une fois encore, le cinéma d'animation démontre que les dessins animés ne concernent pas que le jeune public.

Pour nous autres occidentaux, je souligne l'existence de références culturelles fortement nippones mais dont l'ignorance ne dénature en rien la compréhension du film. Je vous prends par la main et vous signale par exemple l'apparition fugitive du Mont Fuji, une allée de cerisiers en fleur, des nénuphares, et des drapeaux impériaux nippons.

Peut-on espérer qu'un jour, au détour d'un succès planétaire, ces perles artistiques puissent être diffusées sur un grand média national ? Je rêve de Millenium Actress diffusé en version originale sous-titrée sur TF1. Ou même France 2. L'eau aura coulé sous les ponts d'ici là...

A voir, donc, Millenium Actress de Satoshi Kon, en vente à Auchan pour le prix ridicule de 5 euros.

Millenium Actress - Trailer


(1) : référence cinématographique inside. Un bol de Tarako pour le premier qui la découvre ! Attention, c'est pas facile...

Publié par comprendre - dans Cinéma
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