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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 16:10

Façade principale du palais Garnier, ParisFaçade principale du palais Garnier, Paris - Source : Google street (photo 2012)

 

Localisation de la sculpture

Localisation de la sculpture "La Danse" de Jean-Baptiste Carpeaux - Source : Google street (photo 2012)

 

La Danse chez Insecula

La Dance - Source

La sculpture La Danse appartient à un groupe de quatre sculptures présentes sur la façade principale du palais Garnier à Paris : la Danse, la Musique instrumentale, le Drame lyrique, l’Harmonie.

 

Sa révélation au public, le 27 juillet 1869, provoqua une réaction outrée : comment un groupe de bacchantes, nues, engagées dans une danse déséquilibrée, le tout constituant une sculpture non symétrique et encore moins verticale, pouvait-il représenter la Danse ?

 

La presse relaye l'émoi des Parisiens quant à cette oeuvre jugée immorale et l'on évoque la possibilité de retirer l'oeuvre de Carpeaux pour y substituer une autre, moins scandaleuse que ces figures féminines qui sentent le vice et puent le vin ("Le Groupe de la Danse de M. Carpeaux jugé au point de vue de la morale, ou Essai sur la façade du nouvel Opéra" par M. C. A. de Salelles).

 

A la fin du mois d'août 1869, un encrier est jeté contre la sculpture, attentat nocturne et anonyme dans un contexte polémique. (Voir la sculpture tâchée)

 

J'ai choisi d'illustrer la polémique en utilisant un texte, rédigé par le directeur de l'hebdomadaire "Le monde illustré", car il reprend quelques éléments de la critique, évoque le climat scandaleux, tout en apportant des arguments en faveur de Carpeaux.

 

Extrait de l’hebdomadaire « Le monde illustré » n° 645 du 21 août 1869

 

Nous sommes en France et à l'Opéra, nous sommes au dix-neuvième siècle et sous un ciel tempéré, et nous voulons représenter la danse vive et légère, qui charme les yeux par sa grâce ; c'est cette figure douce et languissante qui effleure les lacs et se pose sur la feuille de nénuphar dans Giselle, ou devient mutine et gaillarde dans le costume de la Vivandière. Le plaisir violent et fort dont vous parlez a son caractère, son type; il a inspiré des chefs-d'œuvre ; il correspond à un rythme, mais ce n'est pas le nôtre. C'est la passion violente qui déborde dans cette danse-là, mais nous voulons de la grâce et de la noblesse. Le rictus de vos danseuses antiques et de vos rudes danseurs se crispe, l'œil s'injecte de sang, les cheveux se hérissent ; mais nous, nous n'allons qu'à la légère émotion du plaisir. Nous sommes la grâce et vous êtes la force.

Eh bien, si vous voulez de la grâce, spécialement de la grâce, n'en demandez pas à Carpeaux, et ne lui commandez pas le groupe de la danse ; — ce n'est pas qu'il en ignore le secret, le grand artiste — voyez plutôt le fameux groupe du pavillon de Flore, la Nymphe écartant les roseaux. — Mais sa qualité génitale, sa note dominante, c'est la force, et quelle que soit l'œuvre, je suis sûr, sans l'avoir vue, qu'il a fait de la force.

Si l'œuvre est bonne en soi, prise indépendamment du mouvement, changez tout à fait vos arguments et dites : — La nouvelle œuvre de M. Carpeaux représente les Saturnales, et nous lui avions demandé le Menuet. — Comme saturnales, l'œuvre est de premier ordre ; comme Menuet, le groupe est encore à faire.

Mais pas du tout, on critique à tort et à travers, jusque dans les journaux, où pas un de ceux qui tiennent la plume n'a le droit de parler d'art, n'ayant pas voué sa vie à l'étude des choses artistiques.

On est allé jusqu'à l'insulte, et j'ai lu à ce sujet des réflexions d'une irrévérence inouïe. Puis, comme toujours, la réaction est venue.

On parlait d'abord d'enlever le groupe de la façade, ce que, personnellement, je regarderais comme une suprême inconvenance, parce que M. Carpeaux est un homme considérable, et qu'on n'insulte pas un homme de cette valeur ; on le couronne ou, s'il s'est trompé, il en a le droit et on le subit avec ses défaillances. — Mais maintenant, c'est bien de cela qu'il s'agit : on propose de laisser au contraire le groupe de la Danse, et d'enlever tous les autres comme froids et trop académiques. Autre excès, autre blessure pour des hommes du talent de Perraud, de Jouffroy, de Guillaume.

La vérité vraie, tous les artistes la savent, c'est que Carpeaux tue un monument ; il a en lui une force, un relief, une puissance qui se combinent mal, en ces temps d'architecture plate, avec l'ensemble de la conception. — Je n'ai jamais entendu l'architecte du Louvre parler du beau bas-relief de la nymphe du pavillon de Flore; mais je suis sûr que M. Lefuel, tout en admirant Carpeaux, trouve que ce bas-relief-là joue un trop grand rôle dans l'ensemble et qu'on ne voit que lui. Et, de fait, débouchez de la rue du Bac, en tête du pont des Tuileries, et regardez le pavillon du Prince Impérial, vous ne voyez que Carpeaux, et tout disparaît ; et il n'occupe cependant que quatre mètres carrés sur une superficie énorme de façade.

Cela dit, et on me pardonnera de m'échauffer sur un sujet d'art, c'est peut-être à un autre qu'il fallait demander la Danse « qui se souvient de Versailles. » Quant à Carpeaux, l'architecte Garnier, qui, malgré les jugements divers qu'on porte sur lui, est un grand artiste, aurait pu lui dire de faire reposer quelque portail colossal sur le dos robuste de ses fières cariatides.

Maintenant, encore qu'on parle bien à tort et à travers des choses de l'art en France, levons les yeux au Ciel et remercions-le d'être né dans un pays où un groupe de la Danse, placé à l'entrée de la porte d'un Opéra, peut soulever les polémiques que vient de soulever l'œuvre de M. Carpeaux. C'est encore un espoir. Un peu moins d'irrévérence nous siérait mieux ; mais l'irrévérence est une opinion en matière d'art, comme le sommeil en matière d'audition d'une tragédie en cinq actes.

Charles Yriarte

 

Le scandale fut trop fort et les pouvoirs publics demandèrent que l'on retire cette sculpture du groupe au motif de l'indéscence. Une nouvelle commande est passée auprès de Charles Gumery après le refus de Carpeaux d'exécuter une seconde composition. Cependant, la guerre de 1870 éclata et le sujet n'en fut plus un.

 

En 1964, à cause de la pollution qui la menace, la sculpture originale est retirée de la façade du palais Garnier. C'est une copie réalisée par Paul Belmondo (le père de Jean-Paul, l'acteur) qui est désormais visible. La sculpture originale (La Danse, Jean-Baptiste Carpeaux, groupe en pierre d'Echaillon, H. 420 cm ; L. 298 cm ; P. 145 cm ; 18,2 tonnes) est visible au musée d'Orsay à Paris, allée centrale des sculptures (numéro d'inventaire RF 2884).


Publié par comprendre - dans Histoire
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 13:11

Quand j'ai eu perdu ma pauvre défunte, j'allais dans les champs pour être tout seul ; je tombais au pied d'un arbre, je pleurais, j'appelais le bon Dieu, je lui disais des sottises ; j'aurais voulu être comme les taupes, que je voyais aux branches, qui avaient des vers leur grouillant dans le ventre, crevé, enfin. Et quand je pensais que d'autres, à ce moment-là, étaient avec leurs bonnes petites femmes à les tenir embrassées contre eux, je tapais de grands coups par terre avec mon bâton ; j'étais quasiment fou, que je ne mangeais plus ; l'idée d'aller seulement au café me dégoûtait, vous ne croiriez pas. Eh bien, tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette ; ça s'en est allé, c'est parti, c'est descendu, je veux dire, car il vous reste toujours quelque chose au fond, comme qui dirait... un poids, là, sur la poitrine ! Mais, puisque c'est notre sort à tous, on ne doit pas non plus se laisser dépérir, et, parce que d'autres sont morts, vouloir mourir... Il faut vous secouer, monsieur Bovary ; ça se passera ! Venez nous voir ; ma fille pense à vous de temps à autre, savez-vous bien, et elle dit comme ça que vous l'oubliez. Voilà le printemps bientôt ; nous vous ferons tirer un lapin dans la garenne, pour vous dissiper un peu.

 

Gustave FLAUBERT, Madame Bovary (1856), première partie, III


Jean-Louis FORAIN - Le veuf

Jean-Louis FORAIN, Le veuf, huile sur toile, musée d'Orsay (INV 20053)

 

Duran Duran - Perfect Day (3'50)

 

 

 

 

 

 

De belles paroles prononcées par le père d'Emma ROUAULT à l'attention de Charles BOVARY, son futur gendre. Toutefois, ces paroles de réconfort et cette invitation à se ressaisir ont une visée stratégique, celle de rapprocher le médecin de la demoiselle, et font peser un sérieux doute sur l'empathie réelle de cet homme. Paradoxe néanmoins puisque le père ROUAULT était effectivement amoureux de sa femme, conserve une nostalgie de sa vie conjugale, ce qui laisse supposer qu'il livre une histoire véridique, ouvrant son âme au médecin en relatant sa douleur passée, mais avec pour seul but de le manipuler. Une attention très intéressée en somme.

 

Une métaphore du temps qui passe et contribue au deuil, à retenir, probablement : [...] tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette [...]

Publié par comprendre - dans Livres
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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 22:10

 

Allez, un petit article suite aux quelques ajustements esthétiques sur le blog.

 

En menant mon chantier de pixels, j'écoutais l'album Communion du groupe grec Septic Flesh, groupe qui donne dans le death metal progressif et symphonique ; je vous donc propose un extrait de l'album :

 

 

I am proud for what I am
The guardian of the dead
Appointed by the gods
To be their final judge

Anubis
Don't let me wither and die

 

Publié par comprendre - dans Musique
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 23:11

Le 15 décembre 2012, le blog de comprendre vous en a parlé.

 

Si je ne suis pas en capacité de vous dire, aujourd'hui 21 décembre 2013, si François Hollande parviendra à tenir ses engagements sur l'inversion de la courbe du chomage, je demeure en capacité de vous dire, 12 mois plus tard, que l'année 2014 nous apportera indubitablement un film notable : NOAH.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/4/41/Noah2014Poster.jpg

On dirait presque un film d'action...

 

 

Et voici la première bande annonce proposée :

 

C'est bon, hein !

 

Le tout arrive en mars 2014 sur les écrans US et vous en aurez entendu parlé presque 2 ans auparavant !

 

La page wikipédia pour en savoir plus.

 

Et de la musique toujours très vaguement related :

Corruptam omnis....

Publié par comprendre - dans Cinéma
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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 11:02

Avant de revenir à des choses un peu plus utiles et sérieuses, je voulais noter ici quelques choses qui commencent à me gonffler

 

Le parlement vient de voter une taxe sur [INSERER ICI LE TRUC KIVABIEN], dispositif qui permettra de faire entrer [INSERER ICI LE NIVEAU DE CAILLASSE KIVABIEN] millions d'euros dans les caisses de l'Etat.

 

La dernière en date c'est la taxe sur les boissons énergisantes. Ce n'est pas le coup de créer des taxes qui me dérange, c'est surtout celui de taxer n'importe quoi : le sucre, les kilomètres de route parcourus, les "boxs" internet, les bagnoles, les radiateurs... Je préfèrerais qu'on nous dise clairement "on a besoin de thune, on augmente de 2 points la TVA, merci !" plutôt qu'on tourne autour du pot en taxant tout et n'importe quoi avec des arguments de bonne conscience (la route ça salit, le sucre ça rend gros, l'internet ça pirate...). Pour finir l'inventaire des trucs originaux à taxer mais dont personne ne considère le caractère intrinsèquement débile du choix de taxer, je suggère la taxe sur les chiens (ça chie pollue les trottoirs), la taxe sur les portes et les fenêtres (c'est moche et ça fait du bruit) et la taxe sur les enfants (parce qu'ils le valent bien). Je demeure, bien entendu, à la libre disposition du ministère de l'économie et des finances pour des suggestions supplémentaires ou pour lui mettre la tête dedans son fion, c'est lui qui voit. Musique adaptée :

 

 

 

Le gouvernement vient de décider d'expérimenter [INSERER ICI UN TRUC A EXPERIMENTER] dans trois départements

 

C'est sûr que quand on n'arrive pas à avoir de politique macroéconomique, ou plutôt qu'on ne peut pas en mettre en oeuvre faute de moyens, on est tenté d'essayer des politiques publiques relevant a maxima du niveau de compétence des conseils régionaux. Mon maire expérimente ça dans ses écoles ou dans ses services techniques je me dis "ah ouais, pourquoi pas, c'est pas une mauvaise idée", mon ministre me dit qu'il expérimente ça je me dis directement "il n'a que ça à foutre ?". Je ne me la joue pas réac', je dis surtout que je trouve que de telles décisions, et surtout le fait de communiquer dessus, affaiblissent encore plus un Etat qui affiche ouvertement son incapacité à faire autre chose que de l'expérimentation petits bras et si possible à coût nul, expérimentation qui de toutes façons ne pourra probablement pas être généralisée faute de pouvoir réformer l'appareil et faute de financements. Tout cela est donc très cosmétique, d'un niveau décisionnel minable, relativement inutile en terme de politique publique et stupide lorsque c'est "poussé" dans les gros titres des journaux (tout autant que les infos people ou les faits divers marseillais).

 

 

Sans commentaire. Entre la consternation et l'envie de devenir un meutrier de masse.

 

 

(national geographic rapproche d'ailleurs le comportement de ce type de de celui des "furries" ce qui est d'une totale malhonneté intellectuelle. Nota : le mec dit quand même qu'il changerait volontiers d'espèce s'il en avait l'occasion...)

 

 

(Déjà difficile de changer de nom pour devenir, au sens de l'état civil, "Boomer le chien", alors vivre parmi les êtres humains en tant que homme-chien...)

Publié par comprendre - dans Actualités
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