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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 18:28

Aujourd'hui, on en a entendu parler : le vote de la loi "HADOPI" a été repoussé à septembre.

Vous avez un peu "laché l'affaire" ? HADOPI 2, c'est quoi ?

On va déjà démarrer par du neuf, un article publié sur le site de télérama qui résume un peu là où en est :

Pour HADOPI 2, il est urgent d'attendre... septembre

Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a annoncé peu après le début de la session, qu'un vote solennel aurait finalement lieu le 14 septembre prochain. La majorité choisit donc de ne pas passer en force, en n'utilisant pas, par exemple, l'article 49-3. Pour le député communiste Jean-Pierre Brard, elle « se donne plus de deux mois » pour convaincre ses troupes de voter un texte critiqué même dans son camp. Ce report est surtout une manière de ne pas prendre part à la course contre la montre lancée par la gauche.

Ouf, on a donc jusqu'au 14 septembre 2009 pour bien comprendre ce qui se passe du côté du Parlement.

Pour aller un peu plus loin, je vous propose d'écouter, demain soir (mercredi 22 juillet 2009, disponible ensuite à l'écoute pendant 7 jours sur le site) sur France Inter, l'émission "Le téléphone sonne" qui sera consacrée à HADOPI 2.

Et pour les nouveaux lecteurs (1), vous pouvez trouver deux articles à moi sur ce blog en cliquant sur ce lien ou en cliquant sur cet autre lien.


(1) : à ce propos, pensez donc à vous abonner au flux RSS de ce blog, ou à le mettre dans vos favoris voire, encore mieux, le mettre en page de démarrage de votre explorateur !

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 22:00

Au détour d'un commentaire dans le prolongement de l'article consacré aux vieux, un courageux sociologue des temps modernes est venu nous dire un gros mot : "jeunisme". Alors, jeunisme, c'est quoi ?

On reconnait, dans ce nom, que l'on veut nous parler d'âge : un "jeune" est une personne qui n'est pas encore très avancée en âge, qui est au début de son existence. Un enfant est donc un jeune, un adolescent est un jeune, un jeune homme ou une jeune fille est un jeune. Un adulte est déjà moins jeune. Un vieux n'est plus jeune.

Dans ce que l'on peut qualifier des âges de la vie, la période "jeune" est supposée être celle de la promesse, les années à vivre sont nombreuses, le corps est robuste et l'esprit vif.


Le jeunisme, c'est, d'une part, l'idéalisation de la jeunesse et, d'autre part, le fait de faire prédominer cette classe d'âge sur les autres âges de la vie.

Notre société moderne (occidentale et "industrielle") aime les jeunes. Elle les aime d'ailleurs peut être un peu trop et on lui reproche de plus en plus son jeunisme. Les médias aiment nous montrer des visages jeunes, des corps jeunes, des histoires de jeunes, des réussites de jeunes. L'étalon marketing est le jeune, de préférence beau et athlétique : il fait vendre, probablement par un effet d'identification, respire la santé et porte en lui un espoir en l'avenir. Le vieux, lui, est plutôt synonyme de faiblesse (du corps, de l'esprit), il est supposé ne plus faire grand chose (immobilisme) et n'ouvre pas de perspectives d'avenir : en un mot, il est "le passé". Or, dans une société moderne, en perpétuelle mutation, où l'image fait loi, où la consommation est le maître mot, ce "vieux" là ne passe pas. Et ce "vieux" là disparait silencieusement du paysage.

Constatons le jeunisme : à la télévision, combien de présentateurs "séniors" ? Assez peu. Dans une entreprise, un commercial sera d'autant plus apprécié s'il est jeune et ambitieux. L'ancien, lui, on lui suggérera peut être de prendre un peu de recul. Les dépenses publiques sont plus orientées sur les équipements à destination des jeunes (aires de jeux, peri/extra scolaires...) que sur les équipements pour le troisième âge (là aussi, logique de rentabilité économique).

Le vieux devient intéressant, notamment en terme d'image, lorsqu'il fait en sorte de ressembler aux jeunes : s'il boit du pepsi et fait du surf on en fait une pub, s'il se fait tirer la peau (pour ressembler à un chat) et fait disparaître de son corps tout ce qui rappelle l'âge, on le met dans un film ou dans la télévision, s'il sourit et donne une image "rétro-classique dynamique" on le met dans une publicité.

Curieux paradoxe que celui d'une société qui vieillit mais qui ne laisse pas de place à ses vieux.

Tentative d'explication ? L'économie de marché a impulsé ses valeurs dans la société : la concurrence fait qu'il n'y a pas de place pour les faibles, pour les produits techniquement supplantés, pour ce qui n'inspire pas l'avenir. Ainsi, la transmission de l'expérience (qui prend du temps), le lien intergénérationnel (qui suppose une prise en charge, même minimale) ou les rites (qui supposent patience et constance) ont cédé leur place à l'individualisme flamboyant ("je" peux tout tout seul), l'instantanéité (hédonisme, sans réflexion morale) et l'utilitarisme (je ne fais que ce qui est bon pour moi).

Le jeune est l'avenir. Le vieux, beaucoup moins. Mais en sommes-nous bien sûrs ?
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 10:05

Fashion Morse
Crédits : AFP - Yoshikazu Tsuno

Débat de fond intéressant, le 9 juillet 2009 sur France Inter, dans l'émission "ça vous dérange".

Internet permet l'accès une une masse considérable d'informations, dans tous les domaines, diffusion des savoirs et des idées. Reste tout de même le problème de l'organisation de ces informations, et de leur fiabilité. Les futurs moteurs de recherche devraient nous permettre d'être encore plus efficaces dans nos recherches sur le web (internet et le web sont deux choses différentes, le web c'est les pages html, les blogs tout ça, internet c'est le web plus les vidéos, les groupes de discussions, l'IRC, les méls...) en procédant à des recherches non plus par mots clés mais par sémantiques (tous les thèmes rattachés à telle notion).

Fashion Dog
Crédits : Associated Press - Mark Wilson

Alors, internet rend-il idiot ? J'aime bien la conclusion de l'émission qui précise qu'internet n'est rien d'autre qu'un outil et que l'on y trouve ce que l'on cherche : il permettra donc de développer son intelligence ou d'accentuer sa bêtise !

Une réflexion intéressante sur l'avenir du métier de journaliste : face à la profusion d'informations "poussées" (Cf. notamment les manifestations iraniennes qui ont été relayées sans interface journalistique), le rôle des journaux d'information se trouve fragilisé. Par contre, le rôle des journalistes devient primordial, ils tendent à devenir des vérificateurs de l'information, des "valideurs", pour ne pas dire des "certificateurs", pour séparer les vraies informations des fausses informations. C'est à ce prix, notamment, que l'information sur internet peut être un véritable contre-pouvoir.

Autre réflexion notable : le fait que l'évolution de la société ait permis l'émergence des individualités, révolution anthropologique en soi puisque l'on est passé de groupes sociaux ("horde", villages, paroisses, communautés...) à des foyers et/ou d'individus dotés de libertés individuelles (merci les Lumières !). Ce qui est avancé dans le débat, c'est qu'internet permet de recréer un lien entre les individus, de les remettre en connexion dans un ensemble humain. Notons cependant le fait que l'ensemble créé l'est bien souvent sur une base linguistique commune et sur une base culturelle semblable, voir identique (le lien d'intermédiation étant un centre d'intérêt partagé).

Vaste débat qui est en fait celui du rapport de l'homme à la technique.

Qu'est-ce qui fait que sur un espace personnel d'expression "blog" on choisisse (action positive) de parler de livres, de films, de manifestations culturelles plutôt que de poser des questions existentielles telles que "accro au portable ?", "T'aimes mon blog ou pas ?" ou encore "Tu aimes le tuning ?". Un choix éditorial qui traduit en fait sa propre opinion sur la finalité de l'outil "internet" : diffuseur de plus-value ou espace de vide et d'ennui.

Pour la route, petite définition d'un gros mot employé par l'un des intervenants : "Apostasier".
L'apostasie, c'est l'action de renoncer, le plus généralement publiquement, à son engagement religieux. Par extension, l'apostasie vise également la renonciation à ses croyances personnelles, qu'elles soient politiques, philosophiques, intellectuelles... Apostasier (verbe) est donc la réalisation de l'acte de renonciation à sa foi ou à ses croyances.

A écouter jusqu'au 9 août 2009 sur le site de France Inter :
"Internet rend-il idiot ?" - ça vous dérange - émission du jeudi 9 juillet 2009

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 10:05

Prouesses sémantiques au rendez-vous : parler des "Vieux" sans être péjoratifs, alors même que la notion d'âge avancé est perçue négativement. Nicolas Sarkozy a officialisé le terme sociologiques d'aînés lorsqu'il a nommé une secrétaire d'Etat chargée des aînées. Mais, fait plus intéressant, il a identifié et individualisé la question des Vieux dans une sphère autonome, dissociée de la sphère de la solidarité.

Toute la question de la gestion des Vieux est en effet de savoir si la vieillesse dépendante doit être prise en charge par la solidarité nationale, en établissant par exemple un 5e risque ,"dépendance", couvert par l'assurance maladie, ou si, comme dans les pays du sud, on doit laisser la question de l'âge être gérée par les familles, sans soutien de l'Etat, avec, le cas échéant, un régime d'assurance privée.


France Culture proposait, mardi 7 juillet 2009, une émission "du grain à moudre" consacrée à ce thème, en mettant autour d'une table un représentant des professionnels de l'hébergement des personnes âgées, un sociologue et un philosophe.

Pas mal de choses intéressantes dans cette émission, notamment des chiffres qui recadrent bien de quoi on parle : 80% des plus de 80 ans se portent bien en ne sont pas dépendants. Par contre, le fait que la population des plus de 85 ans soit appelée à doubler dans les dix ans à venir va produire une explosion du nombre de personnes âgées dépendantes, fait qu'il va bien falloir prendre en main du côté de la sphère publique.


Car les 15 000 décès de la canicule 2003 ont déjà fait pencher la balance dans le sens d'une question "publique" des problématiques de l'âge et de la dépendance. Plus question de laisser ces questions aux seules familles, la solidarité nationale semble être destinée à jouer plus activement son rôle dans la gestion de l'âge. Toute la question est désormais de trouver une articulation performante entre les responsabilités individuelles (familiales) et la solidarité nationale.


Le coût de cette solidarité nationale ? 15 milliards d'euros par an. C'est sûr que la période n'est pas propice aux réflexions de cet ordre, mais ce volet de dépenses présente une dimension économique indirecte, notamment par la création d'emplois de services à la personne et par la structuration de territoires autour de l'hébergement des personnes âgées.


Une réflexion pour conclure : l'un des intervenants dans l'émission faisait remarquer que les enfants étaient tout autant inter-dépendants que les personnes âgées. Or, l'enfant c'est l'avenir alors on investit dans des crèches, dans les services péri-scolaires et on ne se pose pas trop la question de l'opportunité de la dépense. La personne âgée, c'est plus délicat : elle est plutôt perçue comme une charge (d'où la terminologie utilisée pour aborder ce thème : dépendance, "prise en charge", "maintien" à domicile...) et l'investissement peut être discuté sous cet angle (utilité de dépenser des fonds ?). Mais c'est une erreur de dissocier les deux : la vieillesse, c'est notre avenir à tous, et la question de la gestion de la vieillesse, notamment dépendante, doit être appréhendée comme une question aussi importante que l'avenir des enfants. Mais, évidemment, penser la vieillesse c'est se confronter activement à un avenir peu festif, celui du vieillissement du corps, de la diminution de l'être, de la dépendance et de la mort. Alors, cette faible prise en compte de la vieillesse dans la sphère publique, serpent de mer depuis près de 50 ans, n'est-elle pas tout simplement liée à notre refus d'accepter notre condition mortelle ?


A écouter sur le site de France Culture jusqu'au 7 août 2009 :

Du grain à moudre - "Mais qui va garder les aînés ?"


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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 20:44

Aujourd'hui, nous allons parler économie. Le déficit public.

Définition simple : on parle de déficit public lorsqu'un Etat a moins de recettes que de dépenses.

Source wikipedia

Le graphique, là, au-dessus, montre la courbe du déficit public de la France entre 1959 et 2007.
Subtilité : sur le graphique, le déficit public est rapporté à un pourcentage du produit intérieur brut (PIB).
Ainsi, par exemple, en 2007, le déficit public s'établissait à environ 2,7 % du PIB de la France.

Vous allez me dire "mais pourquoi est-ce qu'on s'intéresse au PIB alors qu'il nous suffit de regarder les dépenses et les recettes" ? Et moi je vais vous dire que ce n'est pas très poli d'interrompre quelqu'un et que, pour vous Messieurs, à chaque fois que vous interrompez quelqu'un, votre pénis devient plus petit (référence inside, sauras-tu la retrouver ?).

Alors on reprend : on rapporte la courbe du déficit au PIB car en 1992, nous nous sommes engagés auprès de nos partenaires de l'Union Européenne à ce que notre déficit public ne dépasse pas 3 % de notre PIB. Nos partenaires européens ont fait de même. L'objectif : ne pas être trop déficitaires pour garder une monnaie forte.

Bon, jusqu'ici on a perdu personne ?

Résumé : le déficit c'est autorisé jusqu'à 3% du PIB. Au-dessus, c'est mal, et hors situation de crise on pourrait avoir des sanctions financières de la part de la commission européenne.

Alors, sur le graphique d'au-dessus, on voit que la courbe s'arrête en 2007. Je vais vous raconter l'avenir !

En 2008, le déficit public a atteint 3,4 % du PIB : pas glop.

Pour 2009, Eric Woerth, le ministre du budget, annonce un déficit public entre 7 % et 7,5 % du PIB.
Pour 2010, pareil, entre 7 % et 7,5  % du PIB.
Pour 2011, là on est en pleine science fiction tellement c'est loin, on serait entre 6 % et 6,5 % du PIB.

Pour 2012, plan sur la comète, on serait entre 5 % et 5,5 % du PIB.

La faute à la crise qu'on nous explique : croissance pourrie, recettes en berne. Et si l'explication était ailleurs... du côté des dépenses de fonctionnement, de l'endettement et de la dégradation des comptes sociaux ?

L'Etat poursuit pourtant la suppression des postes dans la fonction publique, encore 34 000 l'an prochain. Qu'est-ce que ça serait sans ça !

Allez, pour finir en queue de poisson : l'OCDE pense qu'en 2009 on sera plus près de 8 % que de 7 %...

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