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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 09:34

Le 12 avril 1960
, il y a 48 ans jour pour jour, avait lieu en France le premier enlèvement crapuleux d'enfant. A l'occasion de cet anniversaire, retour sur un article publié sur mon ancien blog le 18 août 2007


Saint Cloud, 12 avril 1960, le premier kidnapping français


Fin d’après midi en ce 12 avril 1960. Sous la surveillance de sa nurse, Eric Peugeot, 4 ans, joue avec son frère dans un parc aménagé de Saint Cloud.

Soudain, la nurse se rend compte de la disparition d’Eric. Très vite, le scénario se dessine : un homme s’est approché de l’enfant, lui a parlé, et tous les deux sont partis en direction d’un petit sentier qui donne sur une impasse. Là, attendait une Peugeot 403 noire qui a démarré en trombe.

Eric Peugeot a été enlevé et le plus sordide reste à venir : au pied du toboggan sur lequel jouait le petit garçon, une enveloppe portant le nom de Roland Peugeot, le père d’Eric, le plus grand industriel français de l'époque, vient d’être retrouvée. Le texte est des plus inquiétants :


« Cher Monsieur Peugeot,

Voilà ce qu'on pourra lire dans les journaux si vous nous faites marrons : le jeune Peugeot, âgé de quatre ans, est mort après d'horribles tortures parce que ses parents ont refusé d'allonger 50 millions ou alors parce qu'ils ont été trop bavards avec la police. Je ne tiens pas à confier votre petit aux bons soins de mon ami Dédé : c'est un type très bien mais il est un peu dingue... »



S’ensuivent de longues heures de peur durant lesquelles la police place la ligne téléphonique du couple sur écoute. Le père d’Eric s’adresse aux ravisseurs le soir même au journal télévisé, visiblement troublé : « C'est un père à qui ont vient de prendre son enfant qui s'adresse à vous. Tous ceux qui ont des enfants et qui les aiment me comprendront, j'en suis sûr. Mon seul souci est de le retrouver sain et sauf le plus tôt possible. Je n'ai pas déposé plainte. Je prends l'engagement formel de demander que le ravisseur ne soit pas poursuivi ».

La remise de la rançon est organisée par un nouveau courrier des ravisseurs : 50 millions de francs (plus de 10 millions d’euros actuels) devront être remis passage Doisy (une petite rue étroite de Paris) à un homme qui prononcera le mot de passe : « gardez la clé ». Roland Peugeot se rend sur le lieu de rendez-vous, ayant insisté pour que les policiers ne compromettent pas la remise de la rançon et ce pour protéger la vie du petit garçon. La remise est brève, l’un des deux ravisseurs, qui s’est présenté au rendez-vous, donne le mot de passe, arrache la sacoche des mains de Roland Peugeot et s’enfuit en courant dans les petites rues adjacentes.


C’est Roland Peugeot lui-même qui ramène son fils, enveloppé dans une couverture, à son domicile parisien de la rue Victor Hugo, sous les applaudissements et les pleurs des curieux. L’enfant a été relâché vers minuit en plein Paris, sain et sauf.

Eric a été bien traité durant son enlèvement, il le dit lui-même devant les journalistes, il « s’est bien amusé ». On apprendra qu’il n’a pas eu peur, nourri de sucreries et de chocolat par ses ravisseurs qu’il considérait comme des amis et avec qui il jouait aux cartes.


Cette histoire retrace le premier « Kidnapping » français. La France découvrait avec horreur, et pour la première fois, que l’on pouvait enlever un enfant et le menacer de mort avec pour seul but que de se faire remettre de l’argent contre sa libération.

J’ai presque envie de dire que l’enquête qui s’en suivit, l'arrestation des deux ravisseurs et leur condamnation sont accessoires sur ce blog. Il faut néanmoins savoir que l’enlèvement était entièrement inspiré d’un roman noir américain
intitulé « Le Rapt », que les deux ravisseurs étaient des malfaiteurs de faible dimension, que la famille Peugeot a été ciblée au hasard dans le bottin mondain avec pour objectif de tirer le maximum d’argent de ce rapt.


C’est le train de vie des malfaiteurs qui a attiré l’attention des policiers et d’Interpol plus précisément. Ils ont été arrêtés à Megève 11 mois après la libération de l’enfant et ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle.

Depuis, ils ont purgé leur peine et se sont réinsérés dans la société. Je ne donnerai donc pas leurs noms, après tout, ils ont purgé leur peine et n’ont rien fait d’irrémédiable.

Publié par comprendre - dans Faits divers
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