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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 04:58

 

François-André Vincent

François-André Vincent - Bélisaire, réduit à la mendicité, secouru par un officier de Justinien (1776)
Musée Fabre, Montpellier (France)

 

Bélisaire fut un général de l'empereur Justinien. Il demeure célèbre pour ses faits d'armes, notamment pour avoir reconquis une grande partie de l'empire romain d'Occident (530 env.), ainsi que pour sa loyauté envers l'empereur d'Orient.

 

Le repos de BélisaireBélisaire mendiant - Gravure

Sculpture : Antoine Denis Chaudet - Le repos de Bélisaire aveugle (1791 ?)
Musée du Louvre, Paris (France)

Gravure : illustration du "Bélisaire" de Marmontel, édition de 1780

 

Jacques-Louis David - Le Bélisaire

Jacques-Louis David - Le Bélisaire - Huile sur toile 43x55
Marchand d'Art

 

A compter du XIIe siècle nait une légende sur la fin de vie de Bélisaire : compromis dans un complot contre Justinien, le général Bélisaire aurait été condamné à avoir les yeux crevés et à survivre de la mendicité publique.

 

Jacques-Louis David

Jacques-Louis David - Bélisaire demandant l'aumône (1781 ?)
Palais des Beaux-Arts, Lille (France)

 

Le thème artistique de Bélisaire mendiant, souvent reconnu par un de ses anciens soldats, est un sujet artistique régulier, en France, dans les années 1770 / 1780. En témoigne, notamment, le célèbre tableau de Jacques-Louis David (reproduit ci-dessus).

 

Jean-François-Pierre Peyron

Jean-François Pierre Peyron

Bélisaire recevant l'hospitalité d'un paysan ayant servi sous ses ordres (1779)
Musée des Augustins, Toulouse (France)

 

François Gérard - Bélisaire portant son guide piqué par

 

 

 

François de Nomé

F. de Nomé - Bélisaire reconnu par un de ses soldats (?)
Musée des Beaux-arts, Orléans (France)

 

 

 

 

François Gérard - Bélisaire portant son guide piqué par un serpent (1795) 

Musée J. Paul Getty, Los Angeles (Etats-Unis)

 

Nicolas René Jollain

Nicolas René Jollain - Bélisaire demandant l’aumône (1767)
Collection particulière

 

Publié par comprendre - dans Histoire
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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 21:20
 
La religieuse de Diderot
" On sonna les cloches pour apprendre à tout le monde qu’'on allait faire une malheureuse. "
Diderot, "La religieuse"
 
 
Couperin leçons de ténèbresFrançois Couperin, les Leçons de Ténèbres
Chants probablement connus par "la religieuse" lors son passage à Longchamp

 
A l'origine du roman de Diderot, un fait réel assez répandu dans la France du 18e siècle :  dans les familles nobles ou bourgeoises, il était assez courant qu'une fille née d'un amour extra-conjugal doive entrer dans les ordres pour racheter la faute de sa mère. De jeunes filles se retrouvaient ainsi cloîtrées à vie contre leur gré.

  
" Ma fille, car vous l'’êtes malgré moi, vos sœoeurs ont obtenu des lois un nom que vous tenez du crime, n’'affligez pas une mère qui expire ; laissez-la descendre paisiblement au tombeau : qu’'elle puisse se dire à elle-même, lorsqu'’elle sera sur le point de paraître devant le grand juge, qu’'elle a réparé sa faute autant qu'’il était en elle, qu'’elle puisse se flatter qu'’après sa mort vous ne porterez point le trouble dans la maison, et que vous ne revendiquerez pas des droits que vous n’'avez point. "
Diderot, "La religieuse"


Sur le plan économique, la famille trouvait un intérêt à une telle situation : la jeune fille cloîtrée ne constituait plus une charge courante pour le ménage (nourriture, entretien...), ne nécessitait plus que l'on constitue une dot et que l'on pourvoie à son installation (mariage) et, par quelques habiles manoeuvres, se retrouvait dépossédée de ses droits sur les héritages familiaux à venir.


Sur le plan moral, la famille bénéficiait d'une certaine tranquillité puisque la jeune fille "retirée" (cloîtrée de force plus précisément) pouvait vivre, du moins sur le papier, une retraite paisible, dans laquelle la communauté pourvoyait à tous ses besoins courants et, suprême bonheur, dans laquelle elle pouvait percevoir une petite somme d'argent pour ses besoins personnels ou pour ses vieux jours.  

 

 

Ah quelle tristesse
J'endure en ce couvent.
Mon coeœur plein de tristesse
Souffre mille tourments.
Une mère sévère
Met fin à mon bonheur.
Je suis au monastère
L'amour en est l'auteur.
 

Chanson populaire du 19e siècle


" Vous ferez ce que votre mère doit attendre de vous ; vous entrerez en religion ; on vous fera une petite pension avec laquelle vous passerez des jours, sinon heureux, du moins supportables. "

Diderot, "La religieuse"

 

Gueffier La Religieuse
" Me voilà sur le chemin de Paris avec un jeune bénédictin "
Gravure anonyme publiée en 1796 dans l'édition Gueffier de "La Religieuse"

 
"La religieuse" trouve ses racines dans un fait authentique, celui de soeur Marguerite Delamarre, illustration médiatisée de ce fait assez fréquent. Née en 1717 dans un famille bourgeoise parisienne, la jeune Marguerite, probablement née d'une relation adultère, se voit contrainte d'entrer en couvent en 1732 à l'âge de 18 ans "à la suite d'une sordide histoire d'argent" (Cf. Claude Aziza, "L'Histoire" n°325). La situation de Marguerite Delamarre fit parler d'elle dans les salons parisiens : en 1752, Marguerite introduisit une requête (procès) pour que ses voeux soient résiliés et qu'elle puisse reprendre une vie civile. Soeur Marguerite accusait sa mère de l'avoir forcée à entrer dans les ordres et de ne point avoir choisi son statut de religieuse. Sa requête fut rejetée en août 1756 et son procès définitivement perdu en mars 1758. Marguerite Delamarre a donc terminé sa vie sous le voile de religieuse.

Note : les sources en ma possession sont assez peu nombreuses. Il existe cependant des documents historiques assez précis relatifs au procès de Marguerite Delamarre.

Jacques Rivette - La religieuse 
Affiche du film "La religieuse" de Jacques Rivette


Près de 200 plus tard, à partir de 1965, cette histoire refait parler d'elle. Le cinéaste Jacques Rivette décide en effet de mettre en scène "La religieuse". Immédiatement, des associations engagent le bras de fer pour obtenir l'interdiction pure et simple de ce film à venir : on citera notamment l'association des parents d'élèves de l'enseignement libre ou encore l'union des supérieures majeures. Wikipédia cite un échange épistolaire entre la présidente de cette dernière et l'exceptionnel ministre de l'information Alain Peyrefitte :

La présidente de l'Union des supérieures majeures : « Un film blasphématoire qui déshonore les religieuses ».
Alain Peyrefitte : « Je partage entièrement les sentiments qui vous animent »
.


Le tournage du film est rendu difficile par quelques décisions techniques de l'Etat (refus de tournage dans un bâtiment relevant des monuments historiques) mais parvient néanmoins à son terme.

La commission de contrôle (la "censure") rend un avis favorable à l'exploitation mais propose l'interdiction aux moins de 18 ans. Le secrétaire d'Etat à l'information (qui a remplacé le fantastique Alain Peyrefitte, paix à son âme) réunit une nouvelle fois la commission de contrôle et leur explique que la projection de ce film pourrait provoquer des troubles à l'ordre public et qu'un avis défavorable à l'exploitation serait le bienvenu. La commission persiste sur son avis favorable. Qu'à cela ne tienne, l'avis de la commission n'est que facultatif, et le Ministre Interdit le film. Godard, avec inspiration, interpelle André Malraux dans le Nouvel Observateur : "Monsieur le ministre de la Kultur".

Le film est projeté à Cannes en 1967... et tout se passe bien ! Le film est accueilli chaleureusement et l'on se rend compte qu'il est austère, simple et très fidèle à l'oeuvre de Diderot. Les lobbies religieux n'auraient-ils pas cherché à faire passer une oeuvre philosophique, au même titre que celle de Diderot, pour un scandaleux pamphlet anti-catholique ?
 
L'interdiction ministérielle est annulée par la Justice administrative et le visa d'exploitation délivré à compter de l'été 1967. Record d'entrées, republication de l'ouvrage de Diderot. L'agitation réactionnaire a obtenu l'effet inverse à celui recherché.

La bataille de 1967 entre intégristes catholiques (sous faux nez, certes) et artistes reprenant une oeuvre philosophique critique (rappelons-nous quand même qu'il ne s'agit pas de critiquer l'Eglise pour le seul plaisir de le faire, l'affaire Delamarre a bel et bien existé) est la continuité d'une bataille historique entre traditionalistes et progressistes et que l'on peut résumer par : "Peut-on critiquer librement les religions ?".

Le texte intégral de "La religieuse" de Denis Diderot est librement accessible sur le site de Wikisource.

Oeuvres évoquées :
- Diderot, La religieuse (écrite en 1760, publiée en 1780 en feuilleton puis en 1796 en oeuvre intégrale)
- "Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot", film de Jacques Rivette sorti en 1967

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 11:11

 

Je vous en parlais sur ce blog en juillet 2008 : le site archéologique de Pompéi n'est pas en bon état.

 

Et bien un édifice, "la maison des gladiateurs", s'est tout simplement effondré ce 06 novembre 2010.

 

Pompei la maison des gladiateurs

Effondrement de la "maison des gladiateurs", via dell'Abbondanza, à Pompéi (Italie)

Crédits photographiques : Agence France Presse

 

La fonction de cette maison, dont le nom latin est "Schola Armaturarum Juventus Pompeiani", n'est pas certaine mais les historiens pensent qu'elle était utilisée par les gladiateurs pour leurs entraînements et pour entreposer armes et armures.

 

La maison était recouverte de fresques d'inspiration militaire : victoires ailées, trophées, palmes, emblèmes...  On ne sait pas si certaines d'entre elles pourront être préservées, mais il est probable qu'il y a eu des destructions.

 

Les causes de l'effondrement ne sont pas encore connues, mais il semblerait que les pluies importantes qui se sont abattues sur la région de Naples ces derniers jours et l'état général du bâtiment soient à l'origine de l'effondrement.

 

 

Pour en savoir plus :

- Court reportage (en italien) relatant l'effondrement

- Photographies diverses de la maison et de ses fresques

 

 

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 17:38

 

Couvertue l'Histoire novembre 2010

Dossier Mérovingiens

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En kiosque : le numéro 358 (novembre 2010) de l'hebdomadaire L'Histoire. En couverture, le dossier consacré aux rois Mérovingiens (Ve siècle - 751).

 

Il est également question de l'expo Gérôme au musée d'Orsay, de la bataille de Marathon, de Guillaume III d'Orange, de l'expo sur le palais et la ville idéale de Léonard de Vinci, du millénaire d'Hanoi, de la destruction d'Allianoi ou du massacre de Novotcherkassk.

 

Un numéro qui me parait très intéressant.

 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 15:36

 

Lanterne magique 1Lanterne magique 2

 

Le principe de la lanterne magique est relativement simple : une boîte qui, grâce à un jeu de lentilles et à une source de lumière, projette une image, à partir d'une plaque de verre peinte, sur les murs d'une salle obscure.

 

Petit ange et lanterne

 

Ce procédé est inventé au milieu du XVIIe siècle. Il connaît une utilisation ludique ou pédagogique dans toute l'Europe, notamment au cours du XIXe. Les montreurs de lanterne magique sillonnent la France pour proposer la projection d'images représentant des fables ou des histoires populaires, des caricatures, des représentations religieuses ou des paysages plus ou moins fantastiques.

 

plaque lanterne

Mount Vesuvius in Eruption - Royal Polytechnic, peinte à l

Exemples d'images peintes : scènes populaires (haut) ou éruption du Vésuve (bas, Royal Polytechnic)

 

 

Longtemps à l'avance c'était une fête promise et impatiemment attendue. Cela faisait travailler nos petites têtes d'enfant, il fallait voir !

 

Montreur de lanterne 1850

Montreur de lanterne, 1850

"Entrez Messieurs, lanterne magique, pièces curieuses, 5 centimes, 1 sou pour les petits, 3 pour les grands. Entrez Messieurs, c'est magnifique !"


A la joie du spectacle annoncé se mêlait, en effet, une sorte de terreur superstitieuse. Ne racontait-on pas que souvent les montreurs de lanterne magique étaient des voleurs qui profitaient de ce subterfuge pour s'introduire dans les maisons, et que, les ténèbres une fois faites, ils dévalisaient parfois les appartements.

Vous pensez si l'on grossissait ces récits terrifiants!

 

Et puis l'appareil lui-même de la lanterne magique avait quelque chose de mélancolique, pour ne pas dire de sinistre.

Cet orgue, qu'on entendait de loin grincer ses refrains enroués, parles longues et tristes soirées d'hiver, nous prédisposait-il pas déjà à la frayeur superstitieuse? Et ce cri qui ponctuait les intervalles où l'étrange musique faisait silence ! ce cri qui montait vague et plaintif : Lanterne magique ! tout cela impressionnait vivement les cerveaux enfantins.

C'était bien autre chose encore, lorsque les deux bonshommes chargés de l'exhibition avaient gravi l'escalier, appelés pour donner leur représentation bizarre.

De loin, on entendait leur pas lourd se rapprocher démarche en marche... Ils arrivaient, c'étaient eux ! On se serrait les uns contre les autres, regardant curieusement leurs costumes délabrés qui semblaient plus pauvres encore au milieu des dorures d'un salon.

Alors ils demandaient un drap... Oh! le drap!... le drap que l'on tendait solennellement le long de la muraille! Hrrrou! il faisait penser à un cercueil!... Et l'on frissonnait malgré soi, et l'on serrait encore plus les rangs.

La séance alors commençait.

 

projection lanterne magique

Schenau - Gravure sur bois de 1855


L'orgue entamait une ritournelle criarde, on éteignait les lampes.

Instant décisif !

N'est-il pas vrai qu'en fouillant dans votre mémoire, vous y retrouvez comme moi des sensations étranges à l'endroit de la lanterne magique, et que jamais grand spectacle ne vous a depuis lors aussi profondément remué ?

Le texte surligné en bleu est extrait de : Pierre Véron, "La vie fantasque", 1876

 

Pour en savoir plus :

 

- "Ah, la lanterne !", par Antoine de Baecque, L'Histoire n°348, décembre 2009

- Laterna Magica, site hébergé par la cinémathèque française : voir notamment les très belles collections

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