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Paul Veyne - Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?

7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 13:08

Paris, jeudi 7 août 1919 : Charles Godefroy passe en avion sous l'arc de triomphe

 

 

Charles Godefroy

Charles Godefroy (1888 - 1958)

Photo publiée le 8 août 1919 dans "Le petit parisien"

 

 

Charles Godefroy écrit avoir réalisé cet exploit pour "glorifier la mémoire" de Jean Navarre, héros de l'aviation française lors de la première guerre mondiale qui avait conçu ce projet et aurait tenté ce vol s'il ne s'était pas tué accidentellement en juillet 1919, et pour "signaler aux Français" combien la place réservée à l'aviation militaire avait été faible, quelques semaines auparavant, lors du défilé de la Victoire.

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 22:58

 

 

Dominique de Villepin,

représentant de la France au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, à Washington, le 14 février 2002

 

 

Monsieur le Président, 

 

A ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l'incompréhension, de la suspicion ou de la peur.

 

Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.

 

Je vous remercie Monsieur le Président.

 

 

Applaudissements.

 


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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 03:00

 

Question bête : quelle est l'origine du nom "eau de javel" ?

 

L'hypochlorite de sodium, initialement de potassium, que l'on utilise pour l'entretien ménager sous le nom d'eau de javel, a été mise au point à la fin du XVIIIe siècle par Charles Louis Berthollet, un français naturalisé en 1778, qui a découvert les propriétés blanchissantes de la solution.

 

Cette solution a été produite de manière industrielle à la manufacture pour les Acides & Sels Minéraux, fondée en 1777 par le Duc d'Artois (frère de Louis XVI, et qui devint Charles X en 1825), à partir de 1884 (ou 1886). La manufacture avait été implantée "près du moulin de Javelle", moulin qui finalement donna son nom au lieu-dit Javel. La solution blanchissante, produite à Javel, prendra le nom d'eau... de Javel !

 

Les bords de Seine à Javel(le)

Les bords de Seine à Javel(le) - Source : fonds numérique de la BNF

 

Javel était situé "à une petite lieue de Paris, du côté de la plaine de Grenelle" ("Le moulin de Javel", comédie en un acte, citée par Charles Barthélémy dans "La Bourgeoisie et le paysan sur le théâtre au XVIIe siècle. La comédie de Dancourt, 1685-1714, étude historique et anecdotique", 1882, lien ci-après), petit port et garage à bateaux, bac de passage, témoin du travail des lavandières (qui lavent le linge dans la Seine). Comme nous l'avons dit, ce lieu-dit doit son nom à un moulin à vent qui portait le nom de "moulin de Javel". Situé sur une île, le moulin n'a été rattaché à la terre ferme qu'au XVIIIe siècle, au débouché de l'actuelle rue Leblanc dans le 15e arrondissement de Paris. 

 

L'origine du nom "Javel" est improbable : il apparaît cependant que la paroisse de Saint-Etienne-du-Mont possédait au XIIe siècle des prés "de ces côtés-là [...] dans un canton appelé Javet". Ce nom de Javet a peut être progressivement était corrompu en Javel(lle) ? Plusieurs actes domaniaux semblent confirmer l'hypothèse puisqu'ils attestent l'existence d'un lieu dit "Javetz" (à rapprocher de Javet, précédemment cité) jusqu'au milieu du XVIIe siècle. La première mention du moulin "de Javel" apparaît en 1658, mais je confirme bien que le moulin existe depuis bien plus longtemps (sans qu'il n'ait, d'ailleurs, forcément eu de nom auparavant).

 

Le port de Javelle au milieu du XIXe

Le port de Javelle au milieu du XIXe

Source : anonyme, image reproduite depuis un forum relatif aux usines Citroën

 

Le quartier du moulin de Javelle (orthographe initiale) jouit d'une tradition galante, pour ne pas dire libertine, au minimum depuis le XVIIe siècle : les rencontres nocturnes, discrètes, souvent extra-conjugales, des hommes et femmes du monde se font à Javelle. "Le moulin de Javel était devenu célèbre par les circonstances de l'enlèvement d'une jeune mariée : soixante mousquetaires masqués avaient eu l'audace d'attaquer les gens de la noce, d'arracher une jeune femme à son mari et de la jeter dans une chaise de poste. Par bonheur ou par malheur pour la mariée, des ouvriers et des pêcheurs vinrent au secours d'une vierge, et lui rendirent son bouquet de fleurs d'orangers, après avoir bâtonné les mousquetaires." Louis Lurine,  "Histoire secrète de la police ancienne et moderne", tome II, 1847.

 

Une guinguette s'installe dans son immédiat voisinage. Elle devient rapidement célèbre et fréquentée. On s'y encanaille, on y boit du vin de Suresnes à 3 sols la pinte et y mange des matelotes. La guinguette disparaît peu à peu et cesse d'exister peu avant l'implantation de la manufacture fondée par le Duc d'Artois. 

 

le moulin de javelle en 1780

Le moulin de Javel en 1780 (ce qui est illogique puisque le moulin est supposé disparu aux alentours de 1771)

Source : anonyme, image reproduite depuis un forum sur les usines Citroën

 

On signalera qu'une pièce en un acte a été écrite en 1696 et jouée au Théâtre Français sous le nom de "Le moulin de Javel" (texte disponible dans les fonds numériques de la bibliothèque nationale de France).

 

On perd trace du moulin aux alentours de 1771. Depuis rattaché à la ville de Paris, au XVe arrondissement plus précisément, le quartier de Javel a connu une forte expansion industrielle puisqu'après avoir hébergé la manufacture qui produisait l'eau de javel, contribué aux essais aéronautiques du Comte d'Artois, le quartier a accueilli les usines Citroën (sur le quai de Javel, actuel quai André Citroën).

 

Le Conseil du XVe arrondissement de Paris, par une délibération du 02 juin 2003, a dénommé "Place du moulin de Javel" une petite place située dans le quartier où se dressait encore, il y a 250 ans, ce moulin à vent devenu indirectement célèbre.

 

Vue aérienne de la place du moulin de Javel, XVe arrondissement de Paris

Vue aérienne de la place du moulin de Javel, XVe arrondissement de Paris

Source : capture d'écran depuis mappy.fr

 


MAJ - Une question dans les commentaires :


Existe-t-il un rapport entre le moulin de javelle et les javelles des paysans ? (merci cybione)


Merci de cette très pertinente question qui, en fait, rejoint un point précis de l'histoire de Javel / Javelle que j'ai préféré laisser de côté (par choix). Comme l'indique l'article, le lieu-dit s'est appelé Javet et /ou Javetz jusqu'au XVIIe siècle. Il s'est écrit que l'origine de ce nom serait gabalos, nom gaulois signifiant "prise par poignées". Javel pourrait ainsi être un dérivé de gabalos (ou de gabella en latin), du fait que l'on récoltait "par poignées" des plantes (roseaux ?) sur cette rive fertile de la Seine. Javel serait, dans cette approche, le dérivé d'un nom toponymique désignant ce lieu. Evidemment, pas de confirmation matérielle de l'hypothèse, les témoignages gaulois sont assez rares ;) Et pour boucler avec ton interrogation, les javelles paysannes sont évidemment, elles, pour le coup, directement liées à la poignée gauloise. Donc peut être que Javel et les javelles ont la même origine étymologique, mais ça, je crains que nous puissions jamais le confirmer.


Pour en savoir plus :

 

Histoire de l'eau de javel

 

Délibération du Conseil du VXe arrondissement, 02 juin 2003, (*.pdf) "Attribution de la dénomination « place du Moulin de Javel » à la place provisoirement dénommée CL/15 située dans le xvème arrondissement"

 

Michel Périn : "Le moulin, la guinguette et la manufacture de Javel", article publié dans le bulletin n°21 de la Société historique et archéologique du XVe arrondissement de Paris, printemps 2003.



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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:32


"Mourir pour la patrie, quitter une famille, des enfants, une épouse chérie, seroient plus supportables si je ne voyais pas au bout de la liberté perdue et tout ce qui appartient aux sincères républicains, enveloppé dans la plus horrible proscription. [...] Les méchants sont les plus forts, je leur cède."


Texte d'adieu écrit par Gracchus Babeuf à l'attention de sa femme et de ses enfants


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Le 26 mai 1797, la Haute Cour de Justice de la République française condamne à la peine de mort Gracchus Babeuf, révolutionnaire égalitariste considéré comme le premier communiste moderne. Babeuf était jugé pour son implication dans un complot visant à renverser le directoire, instaurer l'égalité entre tous les citoyens et organiser une communautarisation des biens privés.



Jugement condamnation à mort de Gracchus Babeuf

Jugement de la Haute Cour de Justice - 7 prairial de l'an V de la République française

"Condamne Gracchus Babeuf et Augustin-Alexandre Darthé à la peine de mort"


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Le premier fait notable de cette histoire est que la Haute Cour de Justice, juridiction d'exception, se soit retrouvée à siéger pendant un peu plus de deux mois à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, à une centaine de kilomètres de Paris. Retour en arrière...


Les meneurs du complot cité ci-dessus, appelé "conjuration des égaux", sont arrêtés le 10 mai 1796. Parmi eux se trouve Jean-Baptiste Drouet, conseiller des Cinq-Cents : la Constitution de l'an II prévoit qu'un procès contre un membre du corps législatif doit se tenir devant la Haute Cour de Justice. Et nous voilà partis pour un procès d'exception. Notons au passage que ledit Drouet est l'homme qui a permis l'arrestation de Louis XVI lors de sa fuite à Varennes, et, accessoirement, que ce Drouet réussira à s'évader assez facilement avant le transfert des prisonniers à Vendôme.


Même si je n'en ai pas retrouvé de sources historiques précises, il semblerait que la délocalisation de la Cour de Justice ait été motivée par les risques de troubles populaires dans la capitale où les thèses égalitaires de Babeuf trouvaient un certain écho. Exemple : "Le 26 mai 1796, les anciens Panthéonistes et Montagnards tentèrent de les (prisonniers) libérer en soulevant le peuple" (source : Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme : d'après de nombreux documents inédits. T. 1 / par Victor Advielle). Aussi, la commune de Vendôme, loin de l'influence parisienne et disposant d'une administration locale favorable au directoire, est désignée pour accueillir ce procès.


 Portrait de Gracchus Babeuf

Portrait de Gracchus Babeuf

 

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Les débats, devant la Haute Cour de Justice, sont féroces : Babeuf se défend avec éloquence, parfois jusqu'à l'épuisement. Les accusés nient le complot dont on les accuse, ce que reconnaîtra d'ailleurs le jury de la Haute Cour. Cependant, coupable d'avoir voulu le rétablissement de la Constitution de 1793, acte puni de mort depuis la loi du 25 germinal de l'an IV, Babeuf, ainsi que Darthé, un autre co-accusé, est condamné à mort.


Il est relaté, souvent, que Babeuf et Darthé auraient alors tenté de se suicider en se poignardant la poitrine avec, selon les sources, un stylet, ou un poignard, ou un fil d'archal aiguisé sur le pavé ou encore le ressort d'une montre ! Il semblerait que les récits de l'époque rapportent cette tentative de suicide, qu'elle ait eu lieu au moment de l'énoncé du verdict ou au retour en cellule, mais je ne suis pas convaincu que le fait soit historique. Buonarotti, co-accusé, racontera plus tard ce fait, mais là encore une manipulation "politique" de la fin de Babeuf n'est pas à exclure.


Une chose est certaine c'est que le lendemain du verdict, soit le 27 mai 1797, à 5 heures du matin, Babeuf et Darthé étaient guillotinés à Vendôme, sur la place d'armes, devenue aujourd'hui la place de la République. C'est la seule et unique fois ou la guillotine révolutionnaire aura été dressée à Vendôme.


Les corps des condamnés ont probablement été exposés au public (notamment devant la femme de Babeuf venue le soutenir à l'occasion du procès) et les historiens s'entendent sur le fait que les corps furent ensuite inhumés dans le cimetière principal de la ville (cimetière du Grand Faubourg). Ce cimetière n'existe plus aujourd'hui.


François Topino-Lebrun - la Mort de Caïus Gracchus

François Topino-Lebrun - la Mort de Caïus Gracchus

Fin du XVIIIe siècle (1797-1798)

Musée des Beaux-arts de Marseille (France) ; numéro d'inventaire : 482


A la suite de ce procès, impressionné par le sort de Babeuf, le peintre François Topino-Lebrun réalise la toile "la Mort de Caïus Gracchus", ci-dessus, qui, bien que trouvant sa matière dans l'histoire antique, est une allusion directe à la tentative de suicide (rapportée) de Babeuf.

 

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 14:19

 

Il y a un peu plus de 30 000 ans, on se rappelle que nous avions laissé un groupe d'aurignaciens barbouiller les murs de la grotte de Chauvet, histoire qu'on puisse la découvrir en 1994 et faire quelques photos sympas.

 

Jusqu'en mars 2010, les scientifiques envisageaient que 3 espèces "humaines" cohabitaient sur la planète aux environs de 40 000 ans avant notre ère :


- Nos ancêtres directs, les homo sapiens.

- Nos cousins disparus, les néandertaliens.

- D'autres cousins disparus, vivant uniquement sur une île indonésienne, les hommes de Florès.

 

On avait d'ailleurs vu quelques images de ces gens sur mon blog.

 

En 2008, une équipe russe, qui fouille une grotte plutôt fertile sur le plan de l'archéo, trouve une phalange de petit doigt qui semble avoir appartenu à un enfant vivant il y a environ 40 000 ans. Rien de bien révolutionnaire dans cette découverte, mais en s'interrogeant sur l'espèce à laquelle appartenait cet enfant, sapiens ou néandertal, l'équipe fait procéder à une identification de l'ADN. Et là, ça se complique...


La séquence génétique est en effet très différente de celle des homo sapiens et de celle des néandertaliens. Les conclusions, publiées en mars 2010 dans Nature, supposent donc la découverte d'une nouvelle espèce d'hominidé, contemporaine mais distincte des homo sapiens et des néandertaliens. Cette nouvelle espèce, dont l'enfant de Denisova est le premier spécimen identifié, aurait donc vécu du côté de la Sibérie, il y a 40 000 ans environ. Le premier ancêtre commun aux trois espèces serait ancien de... près d'un million d'années !


Pas sûr que la découverte soit définitive, mais deux choses sont notables :


- nous décomptons désormais 4 espèces connues d'hominidés pour un passé relativement proche alors qu'il y a une paire de dizaine d'années à peine nous avions encore du mal à admettre les néandertaliens comme nos parents.


- les progrès de la science en matière de génétique vont certainement nous conduire à une explosion du nombre de découvertes dans les mois et années à venir. Pour l'enfant de Denisova, c'est l'exploitation de l'ADN des mitochondries, procédé récent, qui a conduit à cette découverte. La source est moins complète que de l'ADN contenu dans le noyau des cellules, mais elle se conserve mieux et semble se trouver en plus grande abondance.   


  L'odyssée de l'espèce, rencontre entre sapiens et néandertal (0'59)


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