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Paul Veyne - Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?

19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 09:13

art pariétal grotte de lascaux
Lascaux ne peut plus attendre !

art pariétal grotte de lascauxL'Unesco somme la France de protéger avant l'été l'un des fleurons du patrimoine mondial que constituent les parois ornées de la grotte de Lascaux, en Dordogne, datées de -18 000 ans. «Il fallait absolument faire le point sur l'état de la grotte», justifie le préhistorien Jean Clottes, président du dernier symposium «Lascaux et la conservation en milieu souterrain», organisé en février à Paris.

Fermée au public depuis 1963 sur décision du ministre de la Culture André Malraux, suite à l'apparition d'algues vertes sur ses parois, la grotte n'est pas à l'abri pour autant. Depuis quelques années, diverses moisissures rongent ses peintures. Au point que de violentes critiques ont été émises contre la gestion actuelle du site par le Comité International pour la sauvegarde de Lascaux (ICPL), créé en 2004 à l'initiative d'une Franco-Américaine amoureuse du site.


art pariétal grotte de lascaux
Son rapport déposé en 2008 a conduit l'Unesco à menacer la France d'inscrire le site sur la liste des monuments en péril si elle ne prend pas sérieusement les choses en main. Sentant le vent du boulet, le ministère de la Culture aura sans doute préféré prendre les devants en organisant ce colloque. Au cours des deux journées de rencontres internationales avec plus de 230 participants, débats et propositions ont alterné pour trouver un remède.

art pariétal grotte de lascauxAprès 2001 et la première alerte due à la présence de filaments blancs de Fusarium solani - un champignon éradiqué depuis -, des taches noires d'Ulocladium ont pris le relais en 2004. Sans que biocides ou fongicides n'en viennent à bout. «Il faut toutefois cesser de dire que Lascaux va disparaître. Seules 14 figures animales sont touchées sur plus de 850», s'indigne Jean Clottes. Les taches noires seraient apparues à la suite de travaux effectués sur le site. «Il nous faut surtout trouver des solutions sans effets secondaires», explique le spécialiste.
Au sortir de la réunion, un groupe d'experts a été nommé et la création d'une grotte-laboratoire décidée afin de tester de nouveaux traitements contre les taches noires. Cinq sites ont été repérés en Dordogne. L'un d'eux sera choisi dans les trois mois à venir. Aujourd'hui Lascaux est stable - comme souvent en hiver. Courant mai, une commission de l'Unesco devrait venir visiter la grotte pour rendre sa décision. Les résultats seront communiqués en juillet à Séville (Espagne).

Article extrait du mensuel "Sciences et Avenir" n°746 de mars 2009. Toutes les images d'illustration sont tirées du site du ministère de la culture
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 14:01

Statue de Laïka à MoscouMonument commémoratif - Moscou

Il y a un an, le 12 avril 2008, était dévoilée un monument dédié à Laïka, le premier être vivant à être allé dans l'espace. Une occasion de se rappeler cet évènement de la conquète spatiale.

Laïka dans l'espace : la une du New Yok Times


Il y a près de 50 ans, le 3 novembre 1957, l’'Union Soviétique envoya, à bord de l’'engin Spoutnik-2, le premier être vivant terrien dans l’'espace, une petite chienne fox terrier du nom de Laïka.

Une de Paris Match : le voyageur de l'espace

Laïka dans sa capsule

 Schéma de Spoutnik-2



         























Un mois après le lancement du premier satellite artificiel, Laïka est l'’actrice principale de cette deuxième victoire soviétique sur les Etats-Unis dans la course à l'’espace.

Laïka a été sacrifiée pour la gloire de son pays car il n'a jamais été prévu qu'elle puisse revenir en vie sur terre. La version officielle prévoyait que de la nourriture empoisonnée devait lui épargner de mourir sous l'’effet de la chaleur lors du retour de Spoutnik-2 dans l'’atmosphère. Or, la chienne est morte près de sept heures après le lancement du satellite en raison d’'une défaillance du système de régulation thermique.


Avec Laïka, l’'aventure spatiale prend une nouvelle dimension, celle des vols habités.

Monument russe de la conquète des étoiles
Laïka appartient, comme Gagarine ou Armstrong, à la glorieuse histoire de l'’Homme dans sa conquête des étoiles.

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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 22:46

Je vous propose, et notamment pour les plus jeunes d'entre nous, une fiche d'identité du poète Homère, auteur de l'Illiade et de l'Odyssée. NB : cette fiche d'identité est rédigée à la lecture d'un texte intitulé "Vie d'Homère" (faussement attribué à Hérodote).

Nom : Mélésigènes
Le nom de naissance d'Homère est Mélésigènes. Il fut appelé ainsi en référence au nom du fleuve sur les berges duquel il est né, le Mélès.

Nom sous lequel nous le connaissons : Homère
Du grec Homéros signifiant "aveugle" dans la langue des Cyméens.


Date de naissance d'Homère : inconnue
Nous ne connaissons que peu de choses d'Homère, sa date de naissance nous est totalement inconnue.
Le poète a vécu au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, ce qui pourrait donner une date de naissance vers 800 avant Jésus-Christ et une date de décès vers 750 avant Jésus-Christ. Selon Hérodote, Homère serait né 400 ans avant lui, ce qui donnerait une naissance d'Homère en 884 avant Jésus-Christ.

Lieu de naissance d'Homère : en Ionie, sur les berges du fleuve Mélès
Sa ville de naissance n'est pas certaine. Homère pourrait être né à Smyrne, ville dans laquelle sa mère vivait alors qu'elle était enceinte de lui.

Nom du père d'Homère : inconnu
La mère d'Homère fréquentait cet homme en secret, il nous est inconnu.
Alors qu'il était adolescent, Homère fut adopté par Phémius, un homme de lettres et de musique.

Nom de la mère d'Homère : Crithéis
Dont le père est Ménalopus "fils d'Ithagènes et petit fils de Crithon" et dont la mère est "la fille d'Omyrétis".

Signe particulier d'Homère : aveugle
Homère est devenu aveugle à la suite d'une maladie contractée durant son voyage en Thyrrénie et en Ibérie.

d-part-de-cym-.jpg
A voir également !

Un autre article de ce blog est relatif à la vie d'Homère : sa tentative malheureuse d'installation à Cymé.
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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 22:22

A l'occasion du 500e anniversaire de Calvin, l'hebdomadaire L'Histoire nous propose un dossier sur la réforme calviniste.

Couverture du magazine L'histoire - Numéro de Mars 2009Couverture du magazine L'histoire - Numéro de Mars 2009


Au sommaire, également, un article sur Gaza de l'antiquité, sur les femmes des colonies, sur le sanctuaire de Ribemont ou encore sur Louis XI.

Les pages du sommaire : Page 1  -  Page 2

En vente sous peu en Kiosque. Plus d'info sur le site de l'hebdo : www.histoire.presse.fr


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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 20:42

Impossible de trancher ici le débat historique sur l'existence du poète aveugle antique "Homère" a qui est attribuée la paternité de l'Illiade et de l'Odyssée.

Dominique Ingres l'apothéose d'HomèreDominique Ingres, L'apothéose d'Homère, Musée du Louvre


Voici qu'au détour d'une recherche sur Homère est apparu un fragment d'hymne homérique. Il est extrait d'un texte faussement attribué à Hérodote intitulé "La vie d'Homère" :


CONTRE LES HABITANTS DE CYME

A quelle terrible destinée le puissant Jupiter a-t-il permis que je fusse en proie ! Moi dont l'enfance fut nourrie sur le sein d'une mère chérie. Par la volonté du dieu de l'égide, les peuples de Phriconis l'entourèrent de murs. Habiles guerriers, habiles à dompter les coursiers, brillant d'une ardeur martiale, ils habitent dans le sein de l'éolienne Smyrne, voisine de la mer, battue par les vagues, et que traversent les ondes limpides du divin Mélès. C'est de là que vinrent les filles de Jupiter, vierges aimables qui m'inspirèrent de célébrer la terre divine et la ville des Héros ; mais ces hommes ignorants dédaignèrent ma voix sacrée et mes chants illustres. Qu'ils soutirent le malheur à leur tour, ceux dont la méchanceté a médité ma perte. Moi cependant je me résignerai à cette destinée qu'un dieu me réserva lors de ma naissance, et je la supporterai avec une âme patiente ; mes pieds ne me porteront plus dans les vastes rues de Cyme ; tout mon désir est de me rendre chez un peuple étranger, quelque obscur qu'il soit.


Quelle surprise de voir autant de haine dans les propos du poète ! Il est intéressant d'établir le contexte pour en retirer des enseignements.

La cité antique de Cymé était située en Asie Mineure, sur la côte, à 40 km au nord de Smyrne (l'actuelle Izmir en Turquie, face à Athènes une fois franchie la mer d'Egée).

D'après le texte prétendument attribué à Hérodote, Cymé serait la ville natale de Crithéis, la mère d'Homère. Le poète, lui, serait né à l'occasion d'une fête en plein air sur les bords du fleuve Mélès. Le nom de naissance du poète, Melesigenes, rappelle son lieu de naissance.

Homère, devenu jeune adulte, et après avoir bourlingué quelques temps sur les mers, serait revenu à Cymé après avoir perdu la vue (maladie). Son ambition était probablement de s'y réinstaller (puisqu'il y avait vécu ses premières années de l'enfance) et de s'y établir en qualité de poète.

Or, s'il est très bien accueilli dans la proche colonie de Cymé appelée Neon-Tichos, Melesigenes ne trouve pas l'accueil auquel il s'attendait dans sa cité familiale...


Départ de CyméDépart de Cymé
Illustration, Le poète de Kymé d'Anatole France, 1923


Arrivé à Cymé, Melesigenes fut introduit dans des assemblées de vieillards où il récita des poèmes, s'accompagnant à la Lyre. Il y reçu un accueil chaleureux et au bout de quelques temps, Melesigenes leur proposa un marché : si la cité acceptait de lui assurer sa pitance et l'accueillait en son sein, il donnerait l'immortalité à Cymé en composant des poèmes à sa gloire. Les vieillards trouvèrent la proposition séduisante, l'immortalité de la cité contre l'entretien d'un poète si fécond, voilà un beau marché ! Ils proposèrent à Melesigenes de présenter officiellement sa demande au Sénat de Cymé pour conclure un accord formel.

Le poète fut introduit devant le Sénat, y présenta sa requète et y fit une démonstration. Une fois son oeuvre accomplie, Melesigenes se retira et attendit la décision du Sénat.

"Tous inclinaient à nourrir Homère pour ce salaire de mémoire et de gloire qu'il promettait à la ville" (Lamartine) Néanmoins, au milieu de l'accord naissant qui apparaissait dans l'assemblée, un sénateur prit la parole : matérialiste, et peu enclin à envisager la gloire ou l'histoire de sa cité, celui-ci expliqua que les fonds de la cité seraient mis à mal si elle commençait à accueillir tous les aveugles qui venaient lui demander l'asile. Les membres du Sénat, qui ne voulaient pas "paraître moins sages et moins économes des deniers du peuple que ce sénateur" (Lamartine), décidèrent alors de refuser l'offre de Melesigenes.

Il est à noter ici que, dans la langue des Cyméens, le mot "homéros" signifiait "aveugle". Le sénateur matérialiste a dû lancer quelque chose du genre "Nous n'allons pas accueillir tous les aveugles qui traînent" et... voici probablement l'origine du nom d'Homère, il est un des "aveugles" dont parlait le sénateur.

Néanmoins, il faut garder à l'esprit que certains historiens ont prêté une dimension symbolique à cette qualification d'aveugle. En effet, dans une lointaine tradition historique dont on retrouve des traces en Europe de l'Est, les poètes sont qualifiés d'aveugles pour expliquer le fait qu'ils sont déconnectés de la réalité, qu'ils ont atteint un niveau d'éveil qui dépasse celui des sens humains. En devenant "aveugle" au monde qui l'entoure, le poète touche à une connaissance divine (qui d'autre voit une référence certaine au gnosticisme dans cette histoire ?). Aussi, si Homère a véritablement existé, il pourrait n'avoir jamais été aveugle (de ses yeux), mais tout simplement désigné par "aveugle" en référence à son statut de poète. Le sénateur a très bien pu, d'ailleurs, dire sa phrase au sens de "on ne va pas accueillir tous les poètes qui traînent" en utilisant le terme générique, mais métaphorique, d'aveugles (Homéros).

Mais revenons à nos moutons...

Homère, informé du choix des Cyméens, fut indigné, se sentit trahi, et accabla les habitants de sa cité familiale :

"Je venais ici, patrie de ma mère,pour y conduire avec moi les Muses, filles aimables de Jupiter, et pour assurer une éternelle renommée à Cymé!... et ses habitants refusent d'entendre leurs voix divines ! Qu'ils soient déshérités de tout souvenir, et qu'ils subissent les peines dues à ceux qui insultent au malheur et qui repoussent l'indigent !"
Alphone de Lamartine, "La vie des Grands Hommes", 1856

La condamnation prononcée par Homère est grave : l'oubli collectif (c'est-à-dire que l'Histoire ne retiendra rien de la cité, l'oubliant, tout simplement) est une malédiction grave dans la Grêce antique où tout un chacun rêve d'inscrire son nom dans le marbre pour jouir d'une gloire posthume.

Mais comment expliquer une réaction aussi indignée d'Homère ? Il revenait dans sa patrie de naissance en estimant qu'il était légitime à demander l'asile dans la cité. Ayant vécu ses plus jeunes années à Cymé, il pouvait parfaitement prétendre à y mourir. Néanmoins, il comptait sur son talent de poète pour que les citoyens assurent sa subsistance, à défaut de quoi il serait condamné à une vie d'indigent (clochard pour nos lecteurs les plus jeunes, kikou-lol-Tokio Hotel !). Or, ce qu'Homère tenait pour juste a été défait par une autre considération, celle du bien collectif, exclusivement fondé sur une approche matérielle de la vie. Où serait l'intéret de Cymé d'être dotée d'ôdes à sa gloire mais dans l'incapacité de s'armer contre l'envahisseur ? La décision du Sénat, bien qu'objectivement injuste contre le poète, n'en est pas moins raisonnée. On soulignera néanmoins la lâcheté des Sénateurs qui n'ont su faire entendre la contradiction philosophique, pourtant majoritaire, à ce jeune sénateur matérialiste (un futur "crâne d'oeuf du ministère des finances" comme dirait le canard enchaîné !).

Homère affirme toutefois assumer le sort que lui ont destiné les dieux et partir volontairement de la cité qui le rejette, estimant que les peuples obscurs (barbares) seront encore de meilleure compagnie de les traîtres Cyméens.

La suite de la vie d'Homère démontre que ce rejet n'était peut être qu'une étape douloureuse à vivre pour qu'il puisse connaître sa gloire : arrivé à Phocée, Homère rencontra son mécène, Thestorides, qui lui permit de devenir l'auteur antique dont nous conservons encore la mémoire. En aurait-il été de même si les Cyméens l'avaient accueilli ? Finalement, méritaient-ils vraiment la malédiction d'Homère, eux qui ont contribué à ce qu'il poursuive sa route vers son destin ?


La colère d'AchilleLa colère d'Achille
"Chante, ô déesse, le courroux du Péléide Achille"
Homère, L'Illiade, Chant I
 

 Article publié initialement sur mon précédent blog le 13 janvier 2008.

-> Pensez à lire la fiche d'identité d'Homère sur mon blog !


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