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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:54

 

Dans 3 mois c'est le 15 août. Date, d'ordinaire, à laquelle je regarde les lectures majeures de l'année écoulée.

 

Le temps est donc venu de planifier les dernières lectures. Pas évident...

 

Après réflexion, voilà la suite envisagée. En l'écrivant pour m'engager à le faire ;)

 

Les tres riches heures de l'humanite Le loup des steppes Talleyrand le prince immobile

 

Après avoir lu "Le roman des cent-Jours" de Joseph Roth, je me suis dit qu'il serait pas mal de poursuivre sur la littérature de langue allemande.

 

J'ai déjà lu deux livres de Stefan Zweig ("Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" et "Le joueur d'échecs"), il m'a semblé intéressant de lire un écrit historique de cet auteur, on dit qu'ils sont riches et précis. On verra donc avec "Les très riches heures de l'humanité" où Zweig s'intéresse à différents faits historiques "clés" tels que la prise de Byzance, Waterloo, la rédaction de La Marseillaise...

 

Toujours en littérature de langue allemande, j'ai eu envie de me faire une opinion sur "Le loup des steppes" de Hermann Hesse. De lui, j'ai déjà lu "Narcisse et Goldmund", qui avait donné lieu à une lecture croisée et commentée avec D&D, puis "Siddartha" qui m'avait peu intéressé.

 

Enfin, une biographie, celle de Talleyrand, écrite par un historien français. L'ouvrage est long, il va falloir s'accrocher ;) Mais il parait qu'elle est très bien écrite.

 

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 19:33

Pour le Jean du futur : c'est le 15 août.








 Woodstock 1969



Pretty soon now you're gonna get a little older

















Durant trois générations, cette maison a abrité ta famille contre le vent et la pluie. Remercie-la puis dis-lui adieu, une fois pour toutes et sans regret. [...] Si nous laissons la maison debout, elle servirait seulement de cachette aux bandits de grand chemin ou aux simples voleurs. Je la brûle afin d'empêcher de tels hommes de profaner la mémoire de ton père et de ton grand-père.

Eiji Yoshikawa, La parfaite lumière, page 162











Bilan des lectures de l'année : très positif

Oeuvres majeures : Les misérables (en cours) et La parfaite lumière

Lectures de l'année (?) :

Les misérables T2 et T3 - Victor Hugo
Sa majesté des mouches - William Golding
Le loup des steppes - Hermann Hesse
Le parfum - Patrick Süskind




Alice au pays des merveilles - Lewis Carroll (?)
Si on me touche je n'existe plus -  Donna Williams (?)
Véronika decide de mourir - Paulo Coelho (?)
La chronique des Heiké -
Eiji Yoshikawa (?)

Un jour :

Umberto Eco - Le pendule de Foucault
Hermann Hesse - Le jeu des perles de verre



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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 19:35

Livre publié en 1981, écrit par un américain, clinicien spécialiste des enfants autistes, dénommé Howard Buten.

Livre Howard Buten quand j'avais cinq ans je m'ai tuéSource : amazon.fr

Avis rapide : très bien, agréable, livre court.

Avis plus long : le narrateur est un enfant qui écrit avec un style très enfantin, compilant fautes de grammaire et inventions de mots. La traduction est plutôt réussie puisque le style initial est conservé, sans lourdeur excessive. Le gamin, Gil, explique comment il s'est retrouvé enfermé dans un centre psychiatrique pour enfants.

"Je suis ici à cause de ce que j'ai fait à Jessica. Je saigne encore du nez mais ça fait pas mal, mais j'ai la figure noire et bleue sur la joue. ça fait mal. J'ai honte."

Gil enchaîne les phrases, parle beaucoup et de tout, de détails insignifiants comme de faits qu'il ne comprend pas. Son récit dérive parfois sur des inventions enfantines dans lesquelles il se bat contre des singes, conduit une voiture jusqu'à Miami, parle avec ses peluches.

Gil est considéré comme un enfant instable, ayant une attitude "sociopathe et destructrice". Mais il est avant tout un enfant, écrasé par un monde qui le dépasse, celui des adultes. Et il n'est pas aussi instable.

Sorti du titre qui est très moyen (comment est-on passé de "Burt" en version américaine à "Quand j'avais cinq ans je m'ai tué" en version française ? Mystère marketing...) et des premières pages un peu déstabilisantes (il faut s'habituer au style et entrer dans l'histoire), le livre est agréable, d'autant plus si l'on accepte de se réapproprier ce point de vue d'enfant.

Je me rappelle avoir vu le film adapté de ce livre : autant ne pas le voir avant d'avoir lu le livre, on perd pas mal. Autant ne pas voir le film, d'ailleurs, pourquoi pas ? Pas sûr que l'on y perde grand chose (et les enfants acteurs n'y sont pour rien).

Quand j'avais cinq ans je m'ai tué - Howard Buten - Seuil (poche) - 207 pages

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 15:09

Me voilà rendu à la critique littéraire. Et Dieu sait que je ne suis pas naturellement disposé à cet exercice, d'autant plus lorsqu'il touche un éminent écrivain, membre de l'Académie Goncourt. Mais c'est pour critico-blog...

Je vais donc vous dire, simplement, ce que j'ai pensé du recueil "Crime de village" de Jules Renard.

Ce recueil regroupe huit nouvelles : "Crime de village" (éponyme), "Flirtage", "La meule", "Le retour", "A la belle étoile", "Une passionnette", "Héboutioux", "A la pipée".

Dans l'oeuvre de Renard, ces récits sont les premiers, un travail qu'il juge mal dégrossi et qu'il qualifie de "pages de collégien". Nous ne douterons pas qu'il en a une estime un peu plus supérieure, mais la limite existe, il l'affirme d'ailleurs dans sa correspondance (à Bachelin, 24 juin 1905).

Il faut le dire, le style renardien de "Crime de campagne" n'est pas original et pourrait être qualifié de "sous-Maupassant" teinté de Flaubert. Dans l'édition de La pléiade, Léon Guichard écrit que "L'intéret principal de crime de village est bien de marquer le point d'où Jules Renard est parti pour devenir lui-même". Je ne peux qu'adhérer à cette approche, félicitant la création initiale (produite à compte d'auteur), mais en soulignant ses faiblesses.

Renard s'était offusqué qu'on le compare à un auteur "naturaliste" : pourtant, près de 100 années après sa mort, il me semble encore très acceptable que de dire que "Crime de campagne" brille par sa beauté naturaliste. La qualité des descriptions de Renard est notable, scènes de campagnes, de vies rustiques, de tourments ruraux.

Lhermitte, peintre naturaliste, est même cité dans "Une passionnette". Il suffit de rajouter une couche de son maître, Millet, pour être en plein dans le naturalisme pictural, à Barbizon ("ils ont des barbes de bisons...." dit la chanson).

La paye des moissonneurs - Léon LhermitteLa paye des moissonneurs - Léon Lhermitte
Musée d'Orsay - Paris

Diable, je vous avais prévenu, je ne suis pas critique littéraire, j'exprime ce que je ressens ! Ici, j'ai vu de superbes tableaux de campagne, mais je me suis ennuyé dans ces histoires, m'attachant peu aux personnages, trouvant "faible" la réflexion sous-jacente à chacune des scénettes, regrettant parfois leur fin brutale, proche de l'inachèvement. Je n'ai jamais autant apprécié les nouvelles de Maupassant qu'à la lecture de ce recueil.

Ne passez pas nécessairement votre chemin, tout n'est pas mauvais : "Crime de village", "La meule", "A la belle étoile" sortent du lot, à mon goût. La nouvelle "Le retour" présente un intéret auto-biographique (Renard s'envisageant revenir à Chitry après un échec parisien).

Léon Lhermitte - Eau forteLéon Lhermitte - Eau forte
(source : http://peinturesetpoesies.blog50.com)

Citations :

"Cinq cent francs une vache comme ça, qu'a les yeux noirs, c'est pas cher"
Jules Renard - "Crime de village"

"Mais soudain, la face boulversée du père Moru s'adoucit, et il se mit à rire. 
"J'vous ai fait peur, hein, pas vrai, monsieur le curé ? eh ben, tenez, j'suis pas si méchant que vous, car c'est pas pour dire, mais c'est pas bien ce que vous avez fait là. Mais faut pas rendre le mal pour le mal. [...] Venez diner avec moi et n'en parlons plus ; ca y'est-il ?"

Jules Renard - "A la belle étoile"

"Prenez garde, les brimborions, ça attire quelquefois les galants"
Jules Renard - "La meule"

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 08:05

Un paon qui fait la roue

Il va sûrement se marier aujourd’hui.

Ce devait être pour hier. En habit de gala, il était prêt. Il n’attendait que sa fiancée. Elle n’est pas venue. Elle ne peut tarder.

Glorieux, il se promène avec une allure de prince indien et porte sur lui les riches présents d’usage. L’amour avive l’éclat de ses couleurs et son aigrette tremble comme une lyre.

La fiancée n’arrive pas.

Il monte au haut du toit et regarde du côté du soleil. Il jette son cri diabolique :

Léon ! Léon !

C’est ainsi qu’il appelle sa fiancée. Il ne voit rien venir et personne ne répond. Les volailles habituées ne lèvent même point la tête. Elles sont lasses de l’admirer. Il redescend dans la cour, si sûr d’être beau qu’il est incapable de rancune.

Son mariage sera pour demain.

Et, ne sachant que faire du reste de la journée, il se dirige vers le perron. Il gravit les marches, comme des marches de temple, d’un pas officiel.

Il relève sa robe à queue toute lourde des yeux qui n’ont pu se détacher d’elle.

Il répète encore une fois la cérémonie.


Extrait de :
Jules Renard, Histoires naturelles (1894)

Photographie :
comprendre, parc floral d'Orléans, mars 2009



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