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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 21:25

 

Comme nous le fîmes il y a quelques mois pour le livre Narcisse et Goldmund, D&D et moi avons souhaité engager un échange littéraire sur un livre dont nous assurerons une lecture parallèle. Notre choix s'est porté sur le roman Suite(s) impériale(s) de l'écrivain américain Bret Easton Ellis.

 

Le livre utilisé pour le défi lecture

Suite(s) impériale(s)

Livre broché, Edition Robert Laffont, collection Pavillons

 

Approche de comprendre : le roman Suite(s) impériale(s) est présenté comme la suite du roman Moins que zéro qui a fait connaître Bret Easton Ellis (généralement surnommé "BEE") à travers le monde. De BEE, j'ai lu plusieurs ouvrages avec un enthousiasme inégal : très surpris et bien accroché par Lunar Park, accroché par American psycho, mitigé sur Glamorama. Avant de démarrer Suite(s) impériale(s), j'ai souhaité lire Moins que zéro, d'autant plus que D&D a déjà lu ce premier roman de la duologie ; je suis donc actuellement engagé dans cette lecture (au 2/3 du livre). A ce stade, je dois dire que mon opinion est plutôt mitigée.. Et ma conclusion est effectivement mitigée, on en reparlera.

 

Démarrage du livre Suite(s) Impériale(s), D&D écrivait :

 

D&D - L'ouverture du livre me séduit immédiatement : l'intégration directe du livre Moins que zéro dans les premières pages est déjà un bon petit terrain de jeu en soi, d'autant plus jouissif pour moi que ça passe assez vite. Je suis curieux de voir si BEE y reviendra mais ça ne me semble pas indispensable.

 

"Il y avait vraiment eu une projection d'un snuff film dans cette chambre de Malibu, [...] ma petite amie avait bien écrasé un coyote au-dessous de Mulholland, [...] une fille de douze ans avait bien été victime d'un viol collectif" (p. 11)

 

Outre les enjeux littéraires réalité/fiction que ça trimballe et qui restitue d'emblée ce livre dans la continuité de la recherche que laissait exploser Lunar Park, la manière dont le personnage de Clay est ainsi (ré)activé me semble passionnément contemporaine : vivre avec sa vie totalement exposée, cette exposition elle-même relevant d'une zone où réalité et fiction s'interpénètrent d'une manière qui n'appartient plus strictement à une seule personne/un seul auteur.

 

"C'était simplement quelqu'un qui flottait au milieu de nos vies et n'avait pas l'air gêné par sa perception stéréotypée de chacun de nous ou par le fait qu'il dévoilait nos échecs les plus secrets au monde entier, préférant glorifier l'indifférence juvénile, le nihilisme rutilant, donner l'éclat du glamour à toute l'horreur du truc" (p. 14)

 

comprendre - J'ai également apprécié cette réactivation de Clay pour nous raconter que ce qu'il a vécu a donné lieu à la production de romans... romans rappelant eux mêmes les productions de BEE. Clay se retrouve d'autant plus "broyé" dans cette nouvelle perspective qu'il devient définitivement un spectateur de "l'horreur", stupide personnage de fiction servant de faire-valoir à l'expression de la perception (stéréotypée) de BEE quant à une jeunesse désenchantée, nihiliste, désoeuvrée, expression dans laquelle BEE nous laisse également entendre qu'il règle des comptes personnels, notamment sentimentaux. Où se situe la vérité ou la fiction, on s'en moque un peu, l'exercice est plaisant.

 

D&D -  Je t'avoue que je sens un petit décrochage à cause de la langue, donc je pense que je jetterai aussi un oeil sur le texte en VO. J'ai le sentiment que c'est particulièrement compliqué de traduire BEE, tant il y a aussi un rapport étroit chez lui à la concision dont l'anglais est capable, et avec laquelle le français patine pas mal. Mais bon, on a quand même l'air loin de la cata qu'était la traduction de The Informers (c'est-à-dire que pour que moi-même je m'en rende compte alors que je suis vraiment pas bilingue, c'est quand même hallucinant.).

 

comprendre - Entièrement d'accord avec toi, on perçoit bien les phrases rapides, les noms et adjectifs courts. Egalement d'accord sur le fait que la traduction de ce style doit être difficile dans notre langue.

 

D&D - Le pari fictionnel marche bien pour moi, j'ai vraiment l'impression de retrouver Clay vingt-cinq ans plus tard. Ce qui m'étonne un peu, et me met l'eau à la bouche, c'est que Moins que Zéro avait aussi un côté plongée très progressive dans le cauchemar, et ici, le cauchemar se faufile très vite, pas sauvagement mais presque immédiatement (en étant a priori davantage du côté du thriller). Donc, je me demande vraiment vers quel dérapage on va parce que j'imagine pas BEE se contenter d'un truc à la whodunit.

 

comprendre - Je suis plus mitigé quant au retour des anciens de "Moins que zéro", je n'arrive pas à m'intéresser à ces personnages ou à leurs problèmes. Plongée progressive dans l'angoisse et le cauchemar, gros problème pour ce qui me concerne : c'est à la fois le côté que je préfère (les SMS enigmatiques, les objets qui sont déplacés pendant l'absence de Clay, les voitures devant son immeuble) et celui qui me saoûle le plus. Sur ce point, je ne peux évidemment pas m'empêcher de penser à "Lunar Park" et la comparaison est sans pitié. Je prolonge : certains procédés me rappellent également "Glamorama", je crois d'ailleurs qu'il s'agit de clins d'oeil pour les lecteurs de BEE, mais toujours un cran en dessous. Enfin, dans cette dimension angoisse, j'ai parfois l'impression de lire "la petite musique" de Stephen King, un Stephen King qui démarrerait pas très bien, mais je sais intimement que le roman de BEE ne prendra pas d'ampleur et je suis déçu par avance. En bref, je me sais lire un énième BEE, qui n'a en outre pas la tenue de "Lunar Park", et je me prends à regretter que BEE ne sache pas se diversifier plus.

 

Une heure plus tard, je reçois un SMS en provenance d'un numéro caché, le premier en onze jours ou presque : où est-elle partie ? (p. 92)

 

D&D - Enfin, je suis très client de l'inscription directe dans le monde du cinéma cette fois, en tout cas dans un monde du cinéma, parce que bien sûr BEE s'intéresse ici à une faune bien particulière, mais certainement pas minoritaire, et j'imagine qu'après m'être fadé récemment la consternante saison finale de la série Entourage (faut le voir pour le croire, je crois qu'HBO est derrière, c'est à pleurer), ça fait un bon antidote.

 

comprendre - Arrivé à la centaine de pages, BEE n'est finalement pas tellement resté/rentré dans le monde du cinéma. Assez carricatural d'ailleurs la relation entre Clay et Rain, l'actrice qui couche pour avoir un rôle...

 

Pourquoi vous ne vous êtes pas plutôt présentée au producteur ? Il était à la fête lui aussi. (p. 60)

 

D&D - C'est marrant parce que ce sur quoi tu mets le doigt et que tu trouves faible, c'est ce qui m'a intrigué : le côté pré Lunar Park. Je veux dire : Lunar Park, c'est fait. Nécessairement en commençant Suite(s) Impériale(s), ça va réactiver l'imaginaire du lecteur de BEE qui a lu les précédants. Et là, ça m'intrigue parce que je me dis : FORCEMENT, il va pas faire ça. Disons que c'est un pari sur l'auteur, une confiance accordée. Dans le même temps, il balance des éléments qui nous ramènent à nos précédantes "dégustations". En cela, je pense que le livre se prépare à jouer avec le "déceptif", que le "déceptif" par rapport à cette attente-là fait partie du projet. Je pense pas mal à ça, faudrait que je le formule... Après, j'imagine que c'est plus ingrat pour toi si le retour des personnages de Moins que zéro te plombe :-)

 

comprendre - Je vois qu'on est d'accord pour les clins d'oeil volontaires, par contre j'ai du mal à suivre pourquoi il a finalement fait la même chose, euh, ah ok, on se dit FORCEMENT il va pas refaire la même chose... et il le refait ? Euh... En même temps, côté intéret c'est un peu limité, non ? Parce que, bon, il ne me reste plus que 10 pages à lire, mais je n'ai rien vu d'original. Pour moi, Suite(s) est un mix de Glamorama et de Lunar Park avec les personnages de Moins que zéro. Donc, logiquement par rapport à mes expériences précédentes, j'ai apprécié le côté Lunar Park et je me suis pas trop passionné pour le côté Glamorama (comme pour ce livre) tout en regrettant le retour de Clay et de ses amis.

 

D&D : Ce que je veux dire, c'est non : non, in fine, il ne le refait précisément pas. Il cherche autre chose. Je crois. Lié au "déceptif". Quand j'aurais relu un peu, je chercherai s'il y a des entretiens avec lui, ça m'intrigue vraiment ;-)

 

comprendre - Deux passages que j'ai trouvé très bons : le passage où Clay observe depuis l'extérieur la dispute entre Rain et sa collocataire + le passage où Clay décrit avoir profité "un max" de la situation avec Rain (son attente du rôle) et lui faisant l'amour un peu partout dans l'appart en abusant outrancièrement de la situation. Un passage un peu suréaliste à mon goût : la trop longue discussion de Clay et Julian sur le ponton.

 

D&D - Sur la question de la relation avec Rain, je ne la trouve pas caricaturale en revanche, mais assechée, épurée. Sans merci.

 

comprendre - Elle n'était pas encore partie à San Diego quand j'ai écrit que son personnage était carricatural. En fait, après son départ, elle prend beaucoup plus de volume, elle sort du décor pour rentrer dans les personnages. D'accord avec ce que tu suggères, c'est une sorte de machine, avec un fonctionnement rationnel un peu mécanique mais avec beaucoup de pulsions étranges et pas toujours compréhensibles (parce qu'il nous manque des clés de compréhension, comme Clay).

 

comprendre - Ah ben voilà, dans les dernières pages on ajoute un peu de American Psycho aux autres références littéraires de BEE. Je me disais que le livre était tellement décalé par rapport à sa biblio qu'il n'avait pas pu/voulu l'intégrer, ben si. D'ailleurs, pour le coup j'ai compris le message (la ville l'a changé), mais qu'est-ce que ça tombe à plat... Un sadisme consensuel, de l'horreur accusatrice, là non plus je n'ai pas été convaincu. Au final je suis peu convaincu par ce roman, tout comme Moins que zéro, je n'y ai pas pris beaucoup de plaisir, peu intéressé par l'histoire (faible et décousue), par les personnages (décalage culturel ?), par le style narratif (qui ne me déplaît pas mais ça fait un peu redite passé trois ou quatre ouvrages) et par l'ambiance parano-oppressante (qui est de meilleure facture dans d'autres ouvrages).

 

Et pour conclure, D&D vous propose trois lectures complémentaires, en ligne, pour éclairer votre analyse :

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20100902.BIB5573/bret-easton-ellis-ce-livre-m-a-sauve.html
http://www.telerama.fr/livre/bret-easton-ellis-dans-mon-univers-le-mal-est-toujours-la,59557.php
http://www.vice.com/fr/read/bret-easton-ellis-426-v4n6

 

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 19:54

 

Dans 3 mois c'est le 15 août. Date, d'ordinaire, à laquelle je regarde les lectures majeures de l'année écoulée.

 

Le temps est donc venu de planifier les dernières lectures. Pas évident...

 

Après réflexion, voilà la suite envisagée. En l'écrivant pour m'engager à le faire ;)

 

Les tres riches heures de l'humanite Le loup des steppes Talleyrand le prince immobile

 

Après avoir lu "Le roman des cent-Jours" de Joseph Roth, je me suis dit qu'il serait pas mal de poursuivre sur la littérature de langue allemande.

 

J'ai déjà lu deux livres de Stefan Zweig ("Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" et "Le joueur d'échecs"), il m'a semblé intéressant de lire un écrit historique de cet auteur, on dit qu'ils sont riches et précis. On verra donc avec "Les très riches heures de l'humanité" où Zweig s'intéresse à différents faits historiques "clés" tels que la prise de Byzance, Waterloo, la rédaction de La Marseillaise...

 

Toujours en littérature de langue allemande, j'ai eu envie de me faire une opinion sur "Le loup des steppes" de Hermann Hesse. De lui, j'ai déjà lu "Narcisse et Goldmund", qui avait donné lieu à une lecture croisée et commentée avec D&D, puis "Siddartha" qui m'avait peu intéressé.

 

Enfin, une biographie, celle de Talleyrand, écrite par un historien français. L'ouvrage est long, il va falloir s'accrocher ;) Mais il parait qu'elle est très bien écrite.

 

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 19:33

Pour le Jean du futur : c'est le 15 août.








 Woodstock 1969



Pretty soon now you're gonna get a little older

















Durant trois générations, cette maison a abrité ta famille contre le vent et la pluie. Remercie-la puis dis-lui adieu, une fois pour toutes et sans regret. [...] Si nous laissons la maison debout, elle servirait seulement de cachette aux bandits de grand chemin ou aux simples voleurs. Je la brûle afin d'empêcher de tels hommes de profaner la mémoire de ton père et de ton grand-père.

Eiji Yoshikawa, La parfaite lumière, page 162











Bilan des lectures de l'année : très positif

Oeuvres majeures : Les misérables (en cours) et La parfaite lumière

Lectures de l'année (?) :

Les misérables T2 et T3 - Victor Hugo
Sa majesté des mouches - William Golding
Le loup des steppes - Hermann Hesse
Le parfum - Patrick Süskind




Alice au pays des merveilles - Lewis Carroll (?)
Si on me touche je n'existe plus -  Donna Williams (?)
Véronika decide de mourir - Paulo Coelho (?)
La chronique des Heiké -
Eiji Yoshikawa (?)

Un jour :

Umberto Eco - Le pendule de Foucault
Hermann Hesse - Le jeu des perles de verre



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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 19:35

Livre publié en 1981, écrit par un américain, clinicien spécialiste des enfants autistes, dénommé Howard Buten.

Livre Howard Buten quand j'avais cinq ans je m'ai tuéSource : amazon.fr

Avis rapide : très bien, agréable, livre court.

Avis plus long : le narrateur est un enfant qui écrit avec un style très enfantin, compilant fautes de grammaire et inventions de mots. La traduction est plutôt réussie puisque le style initial est conservé, sans lourdeur excessive. Le gamin, Gil, explique comment il s'est retrouvé enfermé dans un centre psychiatrique pour enfants.

"Je suis ici à cause de ce que j'ai fait à Jessica. Je saigne encore du nez mais ça fait pas mal, mais j'ai la figure noire et bleue sur la joue. ça fait mal. J'ai honte."

Gil enchaîne les phrases, parle beaucoup et de tout, de détails insignifiants comme de faits qu'il ne comprend pas. Son récit dérive parfois sur des inventions enfantines dans lesquelles il se bat contre des singes, conduit une voiture jusqu'à Miami, parle avec ses peluches.

Gil est considéré comme un enfant instable, ayant une attitude "sociopathe et destructrice". Mais il est avant tout un enfant, écrasé par un monde qui le dépasse, celui des adultes. Et il n'est pas aussi instable.

Sorti du titre qui est très moyen (comment est-on passé de "Burt" en version américaine à "Quand j'avais cinq ans je m'ai tué" en version française ? Mystère marketing...) et des premières pages un peu déstabilisantes (il faut s'habituer au style et entrer dans l'histoire), le livre est agréable, d'autant plus si l'on accepte de se réapproprier ce point de vue d'enfant.

Je me rappelle avoir vu le film adapté de ce livre : autant ne pas le voir avant d'avoir lu le livre, on perd pas mal. Autant ne pas voir le film, d'ailleurs, pourquoi pas ? Pas sûr que l'on y perde grand chose (et les enfants acteurs n'y sont pour rien).

Quand j'avais cinq ans je m'ai tué - Howard Buten - Seuil (poche) - 207 pages

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 15:09

Me voilà rendu à la critique littéraire. Et Dieu sait que je ne suis pas naturellement disposé à cet exercice, d'autant plus lorsqu'il touche un éminent écrivain, membre de l'Académie Goncourt. Mais c'est pour critico-blog...

Je vais donc vous dire, simplement, ce que j'ai pensé du recueil "Crime de village" de Jules Renard.

Ce recueil regroupe huit nouvelles : "Crime de village" (éponyme), "Flirtage", "La meule", "Le retour", "A la belle étoile", "Une passionnette", "Héboutioux", "A la pipée".

Dans l'oeuvre de Renard, ces récits sont les premiers, un travail qu'il juge mal dégrossi et qu'il qualifie de "pages de collégien". Nous ne douterons pas qu'il en a une estime un peu plus supérieure, mais la limite existe, il l'affirme d'ailleurs dans sa correspondance (à Bachelin, 24 juin 1905).

Il faut le dire, le style renardien de "Crime de campagne" n'est pas original et pourrait être qualifié de "sous-Maupassant" teinté de Flaubert. Dans l'édition de La pléiade, Léon Guichard écrit que "L'intéret principal de crime de village est bien de marquer le point d'où Jules Renard est parti pour devenir lui-même". Je ne peux qu'adhérer à cette approche, félicitant la création initiale (produite à compte d'auteur), mais en soulignant ses faiblesses.

Renard s'était offusqué qu'on le compare à un auteur "naturaliste" : pourtant, près de 100 années après sa mort, il me semble encore très acceptable que de dire que "Crime de campagne" brille par sa beauté naturaliste. La qualité des descriptions de Renard est notable, scènes de campagnes, de vies rustiques, de tourments ruraux.

Lhermitte, peintre naturaliste, est même cité dans "Une passionnette". Il suffit de rajouter une couche de son maître, Millet, pour être en plein dans le naturalisme pictural, à Barbizon ("ils ont des barbes de bisons...." dit la chanson).

La paye des moissonneurs - Léon LhermitteLa paye des moissonneurs - Léon Lhermitte
Musée d'Orsay - Paris

Diable, je vous avais prévenu, je ne suis pas critique littéraire, j'exprime ce que je ressens ! Ici, j'ai vu de superbes tableaux de campagne, mais je me suis ennuyé dans ces histoires, m'attachant peu aux personnages, trouvant "faible" la réflexion sous-jacente à chacune des scénettes, regrettant parfois leur fin brutale, proche de l'inachèvement. Je n'ai jamais autant apprécié les nouvelles de Maupassant qu'à la lecture de ce recueil.

Ne passez pas nécessairement votre chemin, tout n'est pas mauvais : "Crime de village", "La meule", "A la belle étoile" sortent du lot, à mon goût. La nouvelle "Le retour" présente un intéret auto-biographique (Renard s'envisageant revenir à Chitry après un échec parisien).

Léon Lhermitte - Eau forteLéon Lhermitte - Eau forte
(source : http://peinturesetpoesies.blog50.com)

Citations :

"Cinq cent francs une vache comme ça, qu'a les yeux noirs, c'est pas cher"
Jules Renard - "Crime de village"

"Mais soudain, la face boulversée du père Moru s'adoucit, et il se mit à rire. 
"J'vous ai fait peur, hein, pas vrai, monsieur le curé ? eh ben, tenez, j'suis pas si méchant que vous, car c'est pas pour dire, mais c'est pas bien ce que vous avez fait là. Mais faut pas rendre le mal pour le mal. [...] Venez diner avec moi et n'en parlons plus ; ca y'est-il ?"

Jules Renard - "A la belle étoile"

"Prenez garde, les brimborions, ça attire quelquefois les galants"
Jules Renard - "La meule"

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