La petite vérole
Dans le film "La légende de Suriyothai", on peut observer les ravages causés par la petite vérole. Nous sommes au XVIe siècle et rien ne peut venir en aide aux malades...
La petite vérole n'est pas une maladie vénérienne, mais une maladie virale mieux connue sous le nom de variole. Cette qualification de "petite vérole" fait référence à l'apparition de pustules sur la peau lorsque la maladie se déclare. Par ailleurs, c'est une "petite" vérole, la "grande" vérole étant ni plus ni moins que la syphilis qui elle, pour le coup, est bien une maladie vénérienne.
Je vous épargnerai les photos des malades, c'est moche, les peaux sont pleines de vésicules, les malades souffrent (fièvre, système respiratoire fortement perturbé, inflammation cutanée...). La maladie tue 1/4 des malades, laissant les survivants défigurés pour le reste de leur vie (la peau reste grêlée).
Je vous vois déjà paniquer et vous jeter sur votre carnet de santé pour vérifier vos vaccins : dormez tranquilles, braves gens, la maladie est éradiquée depuis 1980 ! Mais alors, pourquoi venir vous embêter avec cette saloperie puisqu'elle ne concerne plus personne ? Et bien, au fil de mes lectures, j'ai découvert que la dernière épidémie de variole en France était particulièrement intéressante... Voyez plutôt !
Nous sommes à la fin de l'année 1954. Blessé en Indochine, le sergent Debuigny, "para", est rapatrié en France pour y être soigné. Il rapporte dans ses bagages quelques vêtements de soie pour sa famille, un "souvenir". Problème... les soieries sont infectées par le virus de la variole. Rapidement, l'hôpital de Vannes, ville où est installée la famille du militaire, voit arriver des malades suspects. Un... trois... cinq... douze ! C'est une épidémie !
Le 1er janvier 1955, le ministère de la santé est informé de ces cas suspects. Le 2 janvier au matin, l'épidémie de variole est fortement suspectée par les médecins, appuyés dans leurs conclusions par un médecin de l'armée coloniale française. Le 4 janvier, l'Institut Pasteur confirme que le virus de la variole était bien à l'origine de l'épidémie.
Campagne de vaccination à Vannes en 1955
La ville devient "dangereuse" : les réunions publiques sont annulées, les médias s'en donnent à coeur joie contre Vannes la pestiférée. La maladie est combattue efficacement et l'épidémie est vaincue. Néanmoins, le bilan est lourd : 73 personnes ont été contaminées, 16 personnes sont décédées.
Ultime coup de la petite vérole en France : le directeur départemental de la santé du Morbihan, le Docteur Guy Grosse, très impliqué dans la lutte contre l'épidémie, est lui-même emporté par la maladie le 24 janvier 1955. Il sera cité, à titre posthume, à l'Ordre de la Nation.
Portrait du Docteur Guy Grosse