La mort et la démarche philosophique
Giacomo Borlone - Détail de la danse macabre de ClustoneD'aucun aura noté, principalement sur mon "ancien" blog, que le thème de la mort revient régulièrement dans mes articles. Pour exemples : la résurrection des morts, miracle, humbles réflexions sur la mort, qui lui ouvrent les yeux pour se bien connaître.
Je souhaite préciser que je ne ressens aucun intérêt pour le macabre, mais que j'essaye d'appréhender avec raison cet évènement de la vie terrestre et d'en tirer des compréhensions sur notre monde. Si je dis *j'essaye* d'appréhender avec raison, ce n'est pas par hasard car, comme beaucoup je le crois, j'appréhende la mort, tant la mienne que celle de mes proches, avec peur et interrogations.
Il se trouve que la peur de la mort est l'un des points de départ, pour ne pas dire *le* point de départ, de la démarche philosophique : comment trouver le salut avant l'inéluctable fin de sa vie ?
Telle son ombre, la finitude accompagne l'homme dans sa vie quotidienne : nous démarrons chaque journée avec l'absolue certitude, consciente ou non, de notre mort à venir. C'est l'un des faits les plus tangibles de notre monde matériel, peut être même plus tangible que la certitude de notre propre existence (n'en déplaise à René Descartes).
A partir de cette donnée ("Je sais que je vais mourir"), se pose une (parmi d'autres) interrogation majeure : comment dois-je vivre avant de mourir ?
La philosophie, du moins dans son approche stoïcienne, a pour ambition d'aider l'homme à répondre à cette question en lui proposant une méthode pour vivre sa vie en accord avec le monde qui l'entoure et, de ce fait, de devenir un homme sage pouvant intégrer ce monde organisé (cosmos) et trouver le salut à son existence.
C'est le paradoxe de la mort : elle marque la fin de la vie de l'homme mais sert de départ à une interrogation personnelle.
Il conviendra de noter que cette démarche "autonome" sur la voie du salut relève de "la libre pensée" : nul dieu ou nulle église n'interfère dans cette recherche du salut. Seule la raison permet à l'homme d'atteindre son "but". Le christianisme rejettera avec mépris cette démarche des libres penseurs qui affirment "avec prétention" pouvoir parvenir au salut sans suivre la voie du Christ, seul intercesseur entre les hommes et Dieu selon le dogme chrétien.
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