La médecine et l'histoire
Samedi soir, Arte nous a proposé un documentaire stupéfiant sur "Ötzi", la momie retrouvée dans les Alpes en 1991. L'occasion pour moi d'aborder l'un des rôles de la médecine dans l'archéologie, celui de la compréhension des conditions de la mort.
Pour ce qui est d'Ötzi : dans les Alpes, à la frontière entre l'Italie et l'Autriche, à plus de 3000 mètres d'altitude, le corps d'un homme congelé, très bien conservé, est découvert dans un glacier en fonte. Au départ, on suppose qu'il s'agit d'un alpiniste qui a trouvé la mort et puis, progressivement, on découvre des restes de vêtements en peau d'animaux, une hache en cuivre... Ah non, ce n'est pas moderne du tout ! (1)
Ici, c'est même très vieux puisque cet homme a vécu il y a 5000 ans.
Pour ce qui est d'Ötzi : dans les Alpes, à la frontière entre l'Italie et l'Autriche, à plus de 3000 mètres d'altitude, le corps d'un homme congelé, très bien conservé, est découvert dans un glacier en fonte. Au départ, on suppose qu'il s'agit d'un alpiniste qui a trouvé la mort et puis, progressivement, on découvre des restes de vêtements en peau d'animaux, une hache en cuivre... Ah non, ce n'est pas moderne du tout ! (1)
Ici, c'est même très vieux puisque cet homme a vécu il y a 5000 ans.

Les études progressives sur la momie, baptisée "Ötzi" en référence au lieu où elle a été découverte, démontrent que cet homme était probablement forgeron. Et puis on a parlé de ses tatouages tribaux, de ses plantes médicinales, de ses armes... C'est devenu un Shaman, chassé de son village, mort de faim dans la montagne. Et puis finalement on a trouvé de la nourriture dans son estomac, on a pu reconstituer son alimentation...
Déjà, depuis quelques années, j'étais émerveillé de voir tout ce que la science nous permettait d'apprendre sur un homme mort depuis si longtemps. De sa maladie à son stress, de ses repas à ses accidents... Jusqu'aux conditions de sa mort.
Car là où cela devient stupéfiant, c'est qu'Ötzi a été tué par un autre homme : dans son dos, sous l'omoplate, une flèche en silex a été découverte. Des études plus poussées de cette zone ont prouvé que la flèche avait déchiré une artère et que l'homme est certainement mort d'une hémorragie massive.
Déjà, depuis quelques années, j'étais émerveillé de voir tout ce que la science nous permettait d'apprendre sur un homme mort depuis si longtemps. De sa maladie à son stress, de ses repas à ses accidents... Jusqu'aux conditions de sa mort.
Car là où cela devient stupéfiant, c'est qu'Ötzi a été tué par un autre homme : dans son dos, sous l'omoplate, une flèche en silex a été découverte. Des études plus poussées de cette zone ont prouvé que la flèche avait déchiré une artère et que l'homme est certainement mort d'une hémorragie massive.

A partir des constatations médicales, le reportage a présenté les hypothèses décrivant les conditions dans lesquelles cet homme a pu trouver la mort.
Le reportage est à voir, bien sûr, même s'il faut garder à l'esprit que les hypothèses présentées relèvent plus d'un jeu intellectuel que d'une recherche de la vérité des faits : sorti de la mort par blessure, tout le reste n'est que conjectures.
Ma réflexion sur ce thème est que la médecine, à travers sa branche de la paléopathologie, permet de mettre en évidence des détails qui se révèlent importants pour comprendre les conditions dans lesquelles sont morts de lointains ancètres. A travers les conditions de la mort d'un individu, on apprend beaucoup sur le contexte dans lequel il vivait, les moeurs de cette société, ses croyances. Arte a diffusé de nombreux reportages traitant des conditions de certaines morts brutales chez les Mayas, les Romains, les Celtes ou les Égyptiens : sacrifices, assassinats politiques, exécutions de prisonniers... Chaque contexte permettait de dessiner les contours de la société d'alors.
Le 10 octobre, Jacques Pradel a reçu un médecin paléopathologiste qui est venu "raconter" quelques morts, les mettre en perspective en fonction des expertises scientifiques. J'avais été surpris d'apprendre qu'il avait pu déterminer les causes de la mort d'une femme grâce à la position d'un clou fiché dans une "jambe", mais l'analyse a rigoureusement été la même pour Ötzi : notre connaissance du vivant (physiologie) et les connaissances pratiques acquises par les spécialistes (traumatologie notamment) permettent de déduire la mort à partir de... finalement pas grand chose (une momie dans le meilleur des cas, quelques os dans la plupart des cas).
Quand la science dure et l'imagination permettent de recréer l'Histoire !
A voir : "Ötzi, autopsie d'un meurtre", reportage anglais de 2008 - rediffusé le 15 octobre 2008 à 9h55 sur ARTE.
A écouter (pendant un mois) : "Café crimes - 10 octobre 2008 - les faits divers de l'antiquité" avec pour invité Philippe Charlier du CHRU de Lille.
(1) Cela me rappelle l'histoire du gendarme qui m'appelle pour m'annoncer la découverte d'ossements sur le chantier d'un lotissement. Intervenant dans une dimension judiciaire de la découverte, je l'interroge sur l'âge des os : il me dit "c'est vieux". Je lui demande "vieux... vingt ans, trente ans ?" Il me répond "ah mais beaucoup plus vieux, ça doit être romain !". Du judiciaire on est tombé dans de l'archéo... Pas grand chose pour moi, je l'ai renvoyé vers son groupement pour les démarches "administratives" :)
Le reportage est à voir, bien sûr, même s'il faut garder à l'esprit que les hypothèses présentées relèvent plus d'un jeu intellectuel que d'une recherche de la vérité des faits : sorti de la mort par blessure, tout le reste n'est que conjectures.
Ma réflexion sur ce thème est que la médecine, à travers sa branche de la paléopathologie, permet de mettre en évidence des détails qui se révèlent importants pour comprendre les conditions dans lesquelles sont morts de lointains ancètres. A travers les conditions de la mort d'un individu, on apprend beaucoup sur le contexte dans lequel il vivait, les moeurs de cette société, ses croyances. Arte a diffusé de nombreux reportages traitant des conditions de certaines morts brutales chez les Mayas, les Romains, les Celtes ou les Égyptiens : sacrifices, assassinats politiques, exécutions de prisonniers... Chaque contexte permettait de dessiner les contours de la société d'alors.
Le 10 octobre, Jacques Pradel a reçu un médecin paléopathologiste qui est venu "raconter" quelques morts, les mettre en perspective en fonction des expertises scientifiques. J'avais été surpris d'apprendre qu'il avait pu déterminer les causes de la mort d'une femme grâce à la position d'un clou fiché dans une "jambe", mais l'analyse a rigoureusement été la même pour Ötzi : notre connaissance du vivant (physiologie) et les connaissances pratiques acquises par les spécialistes (traumatologie notamment) permettent de déduire la mort à partir de... finalement pas grand chose (une momie dans le meilleur des cas, quelques os dans la plupart des cas).
Quand la science dure et l'imagination permettent de recréer l'Histoire !
A voir : "Ötzi, autopsie d'un meurtre", reportage anglais de 2008 - rediffusé le 15 octobre 2008 à 9h55 sur ARTE.
A écouter (pendant un mois) : "Café crimes - 10 octobre 2008 - les faits divers de l'antiquité" avec pour invité Philippe Charlier du CHRU de Lille.
(1) Cela me rappelle l'histoire du gendarme qui m'appelle pour m'annoncer la découverte d'ossements sur le chantier d'un lotissement. Intervenant dans une dimension judiciaire de la découverte, je l'interroge sur l'âge des os : il me dit "c'est vieux". Je lui demande "vieux... vingt ans, trente ans ?" Il me répond "ah mais beaucoup plus vieux, ça doit être romain !". Du judiciaire on est tombé dans de l'archéo... Pas grand chose pour moi, je l'ai renvoyé vers son groupement pour les démarches "administratives" :)
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